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Témoignages... Quatre décennies de témoignages! À lire dans la section partages du site Internet de La Vigne, des témoignages et articles choisis dans des éditions parues au cours des 40 dernières années. Notre guide pour cette sélection : le mois de parution doit être le même que La Vigne en cours; l’année d’édition doit être de dix ans, vingt ans, trente ans et quarante ans en arrière; cinq ou six textes doivent être choisis dans chaque numéro sous les thèmes Étapes, Traditions, Concepts, Service, Groupe d'attache, le nouveau, la maladie; aucune manipulation du texte sinon à sa mise en page en format Word qui permet l’impression pour accomoder les groupes de discussion qui souhaiteraient s’en servir. |
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Un message de Bill Archives : 00 - 01 - 03 - 04 - 05 - 06 |
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Chers amis, Je suis vraiment heureux de nous entendre dire souvent les uns aux autres: "La foi sans les œuvres est une foi morte. L'action, voilà le mot magique!" Tout en essayant de 'trouver de meilleures méthodes de transmettre le message A.A. à ceux qui souffrent encore, j'espère que nous essaierons aussi de créer une meilleure compréhension du fonctionnement des Services Généraux A.A. - cette activité si importante qui permet à notre association de faire son œuvre partout dans l'unité. Parce que ces services atteignent tous les coins du monde, leur influence directe pour le bien est trop souvent invisible, et, dès lors, inconnue. Sans cette activité globale, nous serions maintenant dans une situation précaire et chaotique. Permettez-moi d'expliquer cette affirmation par deux exemples: Supposons que, durant les vingt-cinq dernières années, le mouvement A.A. n'ait publié aucune littérature officielle, aucun livre, aucune brochure. Nous n'avons pas besoin de beaucoup d'imagination pour découvrir qu'aujourd'hui notre message serait altéré d'une façon sans espoir. Nos relations avec la médecine et la religion se seraient détériorées. Nous serions aujourd'hui tournés en ridicule par les alcooliques et le public n'aurait rien compris à notre mouvement. Sans sa littérature, le mouvement A.A. serait tombé dans une mer de controverse et de désunion. Mais en réalité nous avons préparé de la littérature et, en 1939, la publication du Gros Livre est devenue notre premier service mondial. Depuis ce temps on sait ce qu'est le mouvement A.A." ce qu'il croit et comment il agit. Des millions de nos brochures et des centaines de milliers de nos livres sont aujourd'hui en circulation. Le message A.A. ne pourra jamais être détérioré; n'importe qui peut se renseigner facilement à notre sujet. Dieu seul connaît les résultats de cette seule réalisation dans le domaine des communications mondiales. Une autre illustration. Notre association profite partout de beaucoup de bonne volonté de la part de bien des gens. Pour une grande part cela est dû à un autre service mondial A.A. - notre service d'information publique. Depuis nombre d'années, les journaux et les autres moyens de communication ont publié des articles merveilleux au sujet des A.A. Ce résultat incroyable a demandé au personnel de nos Services Généraux beaucoup de travail, de compétence et de dévouement illimité. Il n'y a pas de doute que cette publicité favorable a amené au mouvement A.A. la moitié de nos membres. Mais supposons un instant que ces grands moyens de communication aient été abandonnés à la chance, ou, ce qui serait encore plus grave, n'aient jamais été créés par nos membres. Si nous n'avions pas agi ainsi, nous pouvons trembler à la pensée de ce qui serait arrivé. Des dizaines de milliers de nos membres A.A. d'aujourd'hui boiraient encore. Plusieurs seraient certainement maintenant fous ou morts. Je suis certain que vous vous rendez déjà compte que les services mondiaux A.A. sont absolument nécessaires à notre unité et à notre développement futurs - même à la survivance de notre fraternité. Ce sera toujours une des tâches primordiales de notre Société de maintenir à leur meilleur ces artères de communication mondiale. Pour cela nous devrons comprendre de mieux en mieux quels sont les besoins à combler et il faudra que notre dévouement soit continuellement de la plus haute qualité. Il y a aujourd'hui dans l'univers un total épouvantable de vingt millions d'hommes et de femmes alcooliques. Il ne fait aucun doute qu'un nombre important de ces malades pourraient commencer à trouver leur sobriété et un nouveau mode de vie s'ils pouvaient seulement voir et entendre même une seule assemblée A.A. L'expérience a prouvé que nos services mondiaux sont le plus grand et le plus puissant moyen que nous possédons pour apporter à ces légions de malades ce que nous - membres A.A. du monde entier - avons si providentiellement découvert pour nous-mêmes. Parce que je connais notre fraternité, je suis parfaitement confiant que nous serons heureux d'accepter (et d'agir en conséquence) cette très haute responsabilité à l'égard de notre troisième héritage. Pendant que nous continuerons, dans le langage du cœur, à transmettre le message A.A. malgré toutes les distances et tous les obstacles, que Dieu nous accorde ses bénédictions! BILL Nous devrions nous accepter nous-mêmes comme la nature nous a faits, mais songer aussi qu'elle nous a donné le pouvoir de nous améliorer. William ROSS
Chers amis, C'est votre premier jour de sobriété et votre première réunion A.A .... Tout membre AA fut d'abord un débutant, et c'est ainsi que nous, qui avons été nous-mêmes des débutants, appelons chacun de vous qui êtes venus ici pour trouver une solution aux difficultés que vous avez avec la boisson. Chacun de nous s'est assis à une première réunion se demandant où il en était. Chacun de nous avait décidé, ou les événements avaient décidé pour nous, de jeter un regard sur cette chose qui s'appelle A.A., et voir s'il se pourrait qu'ici peut-être se trouve la réponse à un tas de questions que nous avions amoncelées depuis très, très longtemps. Vous êtes venus au bon endroit, et je vais essayer de répondre à quelques-unes des questions importantes que je sais être les plus pressantes dans votre esprit - les mêmes questions que je me suis déjà posées moi-même. A nos réunions régulières, il y aura d'autres réponses pour vous sur quantité de points, et vous pouvez aussi poser des questions. Mais pour l'instant, vous n'avez pas besoin de philosophie; vous avez besoin de premiers soins. Vous avez besoin d'apporter avec vous à la maison, quand vous nous quitterez ce soir, non pas une compréhension parfaite du fonctionnement d'AA, non pas une explication complète des secrets de l'alcoolisme, non pas un plan de votre vie pour l'avenir, - mais seulement ce qu'il faut pour vous faire passer en toute sécurité le reste de ces vingt-quatre heures. Vous avez besoin d'apporter au lit avec vous ce soir, une lueur d'espoir, et la promesse de la paix d'esprit à venir, afin d'obtenir un peu de sommeil naturel; vous avez besoin d'une chose à laquelle vous accrocher quand vous vous réveillerez demain matin, pour vous diriger dans votre prochaine journée de sobriété. Ainsi, pour commencer, jetez un coup d'oeil autour de vous. Nous semblons tous des humains à peu près normaux. Nous sommes en santé, contents d'être vivants, assez heureux et pas trop accablés par notre passé, même si ce passé pénible qui ressemble parfaitement à une bataille perdue contre la bouteille est notre plus grand dénominateur commun. Nous avons vécu intimement le plus grave de ce que l'alcool peut faire d'un être humain; nous avons vécu dans la peur et le désespoir; nous avons connu le plus grand désastre et la défaite totale; nous avions abandonné tout espoir; nous pensions que nous étions sans espoir. Cependant aujourd'hui, ce jour même, nous avons tous vaqué à nos occupations, prenant nos responsabilités, sachant qui nous sommes et nous acceptant tels que nous sommes et contents de venir ici ce soir et de serrer la main de nos amis. C'est la réhabilitation dans AA. Ce n'est pas une cure contre la maladie de l'alcoolisme; c'est l'arrêt de la maladie de l'alcoolisme actif. C'est ce qui fut promis à chacun de nous quand nous sommes venus ici la première fois, et c'est ce que nous avons trouvé; et c'est ce que nous vous promettons, et ce que vous trouverez, si vous décidez de demeurer avec nous. Ainsi, apportez avec vous à la maison ce soir votre premier présent AA - le premier, même avant la sobriété elle-même: le cadeau de l'espoir. Demain, essayez de consulter un médecin. Il vous donnera probablement une dose de ... de vitamines B1 et B12. Elles aideront vos nerfs (il y a très peu de vertu à souffrir sans nécessité) et donneront aussi à votre appétit une poussée salutaire. Le plus tôt vous commencerez à soulager vos nerfs avec une nourriture saine et ordinaire de viande-et-patates, le plus tôt ils arrêteront de crier pour un verre. Ne sortez pas d'ici ce soir découragés à l'idée épouvantable de ne plus jamais boire. En fait, ne lui accordez pas une pensée. Nous ne procédons pas de cette façon. Nous restons sobres seulement vingt-quatre heures à la fois, (et moins que ça, parfois, si vingt-quatre deviennent trop à supporter). Avec nous, c'est toujours aujourd'hui, et personne ne peut possiblement être soûl demain s'il ne prend pas un verre aujourd'hui. Vous apporterez probablement avec vous ce soir une couple de nouveaux numéros de téléphone. Ne les laissez pas là – apportez-les avec vous; et si les choses deviennent difficiles n'importe où, n'importe quand, employez-les; ils vous sont donnés en toute sincérité dans ce but précis. Vous ne vous imposerez pas à un étranger en faisant ça; vous lui donnerez une occasion agréable de vous aider à traverser un moment difficile, exactement comme un autre lui aida sans doute dans Je passé, et comme vous le ferez vous-mêmes avec joie un de ces jours pour quelqu'un qui ne connaît pas encore AA mais qui vous suivra peut-être ici. La "thérapie du téléphone" comme nous l'appelons, est une technique AA véritable et efficace pour conserver notre sobriété. Poser un geste positif face à une contrainte quelconque, peut véritablement dissiper la contrainte; si vous prenez un téléphone avant de prendre un verre, les chances sont plus que bonnes que vous resterez sobres. De temps à autres, vous pouvez être atteints à l'improviste d'un sentiment d'affaissement qui vous fait croire que vous allez devenir désemparés. Vous ne le deviendrez pas, alors ne prenez pas panique. Essayez de manger un morceau sur le pouce. Voyez si cela ne vous aide pas à surmonter ce sentiment. Commencez demain à vous assurer de manger trois fois par jour; peu importe la quantité, ou l'état de votre appétit; vous avez perdu l'habitude de manger, c'est tout, et vous avez faim, que vous le sachiez ou non; retournez à l'habitude des repas réguliers. Nous ne pouvons pas assez vous mettre en garde contre le fait d'avoir trop faim ou d'être trop fatigué. Il n'y a pas un organe de votre corps qui ait besoin d'alcool pour se soutenir, mais la faim et la fatigue excessives peuvent vous faire croire à ce besoin. A la réunion régulière à la suite de celle-ci, vous entendrez une discussion ... sur un sujet qui peut sembler ne pas avoir beaucoup de rapport avec vos besoins immédiats, mais elle traitera de certains aspects de notre cause commune d'apprendre à vivre sobre. Pour ce soir écoutez seulement et essayez d'avoir à vivre sobre. Pour ce soir écoutez seulement et essayez d'avoir le sentiment de la chose; on ne s'attend pas à ce que vous collaboriez à la discussion à moins que vous le désiriez. Sans doute, la chose la plus précieuse que vous retirerez de la réunion est une image vivante d'un groupe de gens sobres qui veulent demeurer sobres, partageant leurs expériences et leurs idées avec les autres, recherchant des points d'entente plutôt que de désaccord, et travaillant sérieusement ensemble sur quelque chose d'important à leur sobriété. C'est notre "thérapie de groupe". Pour le moment, votre travail est simplement de vous accrocher à votre sobriété toute neuve, une journée à la fois; le reste viendra graduellement quand vous en serez· prêt. Pour ces vingt-quatre heures, vous avez fait ce dont vous aviez besoin, précisément en étant ici. Pour vous aider dès maintenant, laissez-moi vous expliquer ce que nous appelons les Slogans A.A., lesquels sont beaucoup plus que des slogans ordinaires tels que vous les avez appris mot à mot. Ces slogans sont à pratiquer, non à réciter, et parce qu'ils sont terriblement utiles à faciliter, à adoucir tout vingt-quatre heures, et ainsi nous aider à demeurer sobre, c'est le temps pour vous de commencer à les mettre en pratique, et ce, dès maintenant. Il y en a un qui dit: "L'important ... d'abord". Nous avons tous appris et nous sommes tous d'accord que la chose de notre vie d'importance première, vitale et constante, est notre sobriété; mais pratiquer "L'important ... d'abord" peut aussi apporter l'ordre du chaos dans les mécaniques de votre journée ordinaire quand vous ne savez simplement pas par où commencer, quoi faire en premier; quand il y a tant à faire, tant de temps perdu pour le faire; quand les choses s'entassent de tous côtés, et les problèmes urgents, et que vous êtes embrouillés. "L'important ... d'abord". Choisissez la chose qui vous fatigue le plus; défaites-vous en; réduisez d'autant la pression, et passez à la suivante. Ceci fonctionne réellement. Puis, il y en a un appelé "Tranquillement ... ça se fait", qui ne veut pas nécessairement dire ne faites rien; il veut dire détendez-vous, prenez ça aisément, réduisez la vitesse de votre course, gardez ça simple, arrêtez de charger. "Vivre, et laisser vivre", étouffe la colère, tue le ressentiment dans son germe, et vous rend capable d'accorder à un autre membre le même droit à ses opinions et d'avoir le même comportement que vous voulez qu'il ait pour vous-mêmes, sans vous irriter si le sien ne s'accorde pas avec le vôtre. Rien de ceci ne veut dire que nous essayons de faire une guenille de vous. Ce que font ces soi-disant slogans, c'est vous aider à contrôler vos émotions, lesquelles doivent être un peu imprévisibles en ces jours où vos nerfs se tranquillisent sans leur sirop calmant habituel. En d'autres mots, les slogans peuvent vous enseigner un autre moyen, et un meilleur de disposer des petits problèmes journaliers, des incidents et des routines ordinaires qui avaient l'habitude de vous porter vite à prendre un verre. Enfin, comme soulagement, apportez ces connaissances avec vous à la maison ce soir: l'alcoolisme est une maladie, non un crime ou un péché. Elle peut être arrêtée. Des milliers et des milliers d'entre nous se promènent, en sont la preuve vivante. Il n'y a pas de moyen complètement sans douleur de traverser les premiers jours de sobriété; une maladie mortelle - et voilà ce qu'est l'alcoolisme - dont on peut difficilement s'attendre à en être détaché si facilement. Mais nous tous autour de vous ici sommes des témoins vivants que la transition peut se faire et que nous avons trouvé qu'elle en valait l'essai. Vous entrez maintenant dans une période de convalescence; essayez d'être un peu sage par exception, et voyez ce qui arrive. Physiquement, vous avez été assez punis; ne gaspillez pas votre énergie à vous punir mentalement; n'exigez pas plus de vous-mêmes que vos ressources amoindries ne peuvent disposer pour l'instant. Concentrez-vous à vous rétablir; et une journée à la fois vous y parviendrez. J'ai gardé pour la fin une petite prière très simple qui nous aida tous beaucoup dans tout ceci, et qui peut faire la même chose pour vous: Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d'accepter les choses que je ne puis changer, Le courage de changer les choses que je peux changer, Et la sagesse d'en connaître la différence. A.A.
Membre ordinaire A.A. depuis huit ans, mais par la grâce de Dieu sobre, j'ai soudainement eu conscience que l'Être Supérieur me demanda d'affronter un test suprême. Ma femme bien-aimée devint gravement malade, et elle fut transportée d'urgence à l'hôpital pour être opérée. J'ai passé deux heures agonisantes près du téléphone, après quoi je reçus un rapport à l'effet qu'elle n'avait que deux mois à vivre. En réalité elle ne vécut que 56 jours. A tous les jours, je la voyais flétrir, et de 124 livres son poids descendit à 76. Elle combattait vaillamment, mais futilement, contre le Sinistre Moissonneur. Avec l'aide d'aimables religieux, sa foi fut inébranlable jusqu'à ce qu'elle rendit le dernier souffle. "D'accepter la chose que je ne peux changer". On m'avait dérobé l'être le plus cher que j'aie connu. Devrais-je clandestinement ouvrir une des bouteilles que ma femme gardait pour nos amis non alcooliques? Mais la puissance d'AA était là pour m'aider. L'Église que j'avais retrouvée fut heureuse de me fortifier, mes amis étaient près de moi pour m'encourager et me conseiller. J'ai passé à travers cette épreuve avec un calme difficile à imaginer. La solitude sera là sans doute, mais je serai toujours conscient de l'amitié d'AA, et de l'aide précieuse de ses membres, et je me souviendrai que Dieu ne nous donne jamais un fardeau trop lourd qu'on ne peut supporter, et qu'en cherchant Sa grâce pour le surmonter, on devient plus fort. Ces années heureuses que ma femme a partagées avec moi, après qu'elle eut combattu à mes côtés sur le chemin de la sobriété, la transformèrent en une amie formidable de notre mouvement et sur son lit de mort, elle tint fiévreusement son chapelet et la petite carte de la prière de la sérénité. Elle ne s'inquiète pas pour ma solitude, car elle sait qu'un vrai membre AA n'est jamais seul. Je remercie Dieu, dans Sa sagesse, d'avoir rappelé ma femme au temps où je fus assez fort pour accepter sa mort. Je sais maintenant que quelle que soit l'épreuve, si je demande de l'aide, je la recevrai, et conscient de cela, nous pourrons bouger les montagnes et affronter la plus violente catastrophe. Comme je recevais La Vigne récemment, j'eus l'idée de raconter cette histoire, si courante et banale qu'elle fut dans le milieu AA, mais c'est en partageant ce genre d'expériences que nous grandissons en sagesse, et que nous sommes témoins des merveilles et du succès d'AA. Je vous avoue sincèrement que lorsque j'entends lire la 11e Étape, je comprends mieux ce que veulent dire les mots "nous avons cherché par la prière et la méditation à améliorer notre contact conscient avec Dieu", car je reconnais que, sans ce contact avec Lui, la force spirituelle ne nous atteindrait guère pour nous secourir dans les contretemps et les malheurs. A.A., Lachine.
- Le fait d'accepter notre impuissance demande souvent des efforts. D'abord, nous apprenons à écouter et ensuite nous écoutons pour apprendre - Si l'on m'avait dit il Y a quelques années que je ferais aujourd'hui partie du mouvement A.A., je ne l'aurais pas cru. Et si vous m'aviez dit que le noir était blanc, je vous aurais traité de fou, surtout après le quatrième ou cinquième verre. Mais le noir est vraiment un blanc, il a à peu près le même âge que moi, et il demeure à Montréal. Je crois qu'il est de descendance allemande ou française. Ceci n'est qu'un jeu de mots, mais j'essaie d'illustrer par cet exemple la différence qui existe entre un esprit fermé et un esprit ouvert et prêt à comprendre. Mon entêtement à garder mon esprit ouvert dans tous les sens possibles m'aurait permis d'écouter assez longtemps pour comprendre qu'un homme de race blanche pouvait s'appeler Lenoir, rendant ainsi cette affirmation véridique. Un individu doit garder son esprit ouvert pour l'administration et l'acceptation s'il est résolu à reconnaître la différence entre ces deux idées. Je crois que nous admettons à contre coeur et que nous acceptons avec bonne volonté. La différence se trouve dans notre état d'âme. Nous admettons une chose que nous ne pouvons plus ignorer. Nous acceptons quelque chose parce que nous le voulons bien; alors notre esprit est réceptif. Nous pouvons admettre par contrainte. Il n'en doit exister aucune lorsque nous acceptons. Pour ceux d'entre nous qui essaient de pratiquer les principes AA, la différence entre ces deux mots, admission et acceptation, est souvent la différence entre notre succès et notre échec par rapport à cette méthode - entre la sobriété et les cuites périodiques. Aussi longtemps que nous avons été seulement disposés à admettre (même à contre-coeur) notre impuissance envers l'alcool, nous gardions nos esprits fermés. Nous n'avions pas besoin d'un gros effort de réflexion pour admettre notre condition. Il ne fallait qu'un peu de force de volonté ou une pensée ou peut-être seulement une petite larme. Pour la plupart d'entre nous, nous savions que la boisson nous attirait une foule d'ennuis, et cela longtemps avant d'être disposés à nous l'admettre à nous-mêmes tout en étant certains que l'étiquette "alcoolique" ne pouvait s'appliquer à nous!!! Mais le fait d'admettre notre condition n'était pas très efficace par lui-même pour notre amélioration. Il existe, dit-on, deux sortes de gens; ceux qui font partie du problème et ceux qui font quelque chose pour en sortir. Quand nous étions au stage de l'admission, nous prenions part au problème. Il nous fallait d'abord sauter la barrière et nous placer du côté du groupe qui fait quelque chose pour améliorer son sort. Et cela demandait un esprit ouvert à l'action. L'esprit ouvert n'est pas quelque chose que vous avez ou que vous n'avez pas, c'est une chose relative que peu de nos membres obtiennent jamais complètement. Si je vous demandais de 'me prêter cinq dollars et que vous me répondiez "non" immédiatement sans plus y penser, vous seriez peut-être habile, mais votre esprit serait certainement fermé sur ce point tout en restant peut-être ouvert sur d'autres. Ce qui nous intéresse ici, c'est de garder notre esprit ouvert en tout ce qui concerne tout le programme AA. Si nous pouvions parvenir à l'humilité sincère d'un esprit complètement ouvert, tout deviendrait tellement plus facile. Nous n'aurions plus aucune réserve préconçue. Malheureusement pour la plupart d'entre nous, nous trouvons difficile d'écouter une autre personne dans un effort pour apprendre quelque chose d'elle. Je crois que nous devrions d'abord apprendre à écouter et ensuite écouter pour apprendre. L'abbé Dimnet a dit que même le génie a besoin de l'information qui provient de ce que d'autres font ou ont fait. Si nous écoutons pour apprendre, nous prendrons bientôt une part active à ces leçons. En ce qui a trait à notre problème commun, il n'y a pas de meilleur endroit que nos réunions A.A. pour mettre cette chose en pratique. A nos réunions il peut sembler parfois que nous labourons toujours le même terrain, mais si nous participons en vue d'apprendre, tôt ou tard ressortira une précieuse vérité, que plusieurs parmi nous ont tant cherchée. Il faut du temps et de la patience pour pouvoir assimiler les vérités de notre programme et pour commencer à les comprendre avec un certain degré de satisfaction. Un de nos membres a raconté sa détresse du début au sujet de la quatrième étape jusqu'à ce que quelqu'un lui démontre à une réunion que dans la comptabilité de chacun, il y a deux colonnes, la bonne et la mauvaise. Le fait de comprendre cette simple vérité fut important pour lui permettre de suivre notre programme avec succès. Il avait l'esprit ouvert. Si nous assistons aux réunions AA régulièrement et si nous y participons pour apprendre, si nous lisons la Vigne AA, si nous relisons le volume Alcooliques Anonymes et si nous ouvrons nos esprits à ce qui est dit et à ce qui est écrit, alors nous pouvons "en venir à croire". Ceci ne veut pas dire que nous devons acquiescer à tout ce que nous voyons et entendons, cela signifie simplement que nous devons considérer chaque idée selon sa valeur, sans parti pris, avant de prendre position en la matière. L'acceptation est notre affaire personnelle. Si nous n'acceptons pas de bon coeur, nous n'acceptons pas vraiment. Nous admettons tout simplement et nous n'avons pas développé notre façon d'avoir l'esprit ouvert, la volonté d'écouter, de participer, et d'apprendre. Nos épouses, nos médecins, nos parents, les autorités publiques: certains d'entre eux, tôt ou tard, auraient probablement réussi à nous faire admettre notre position envers l'alcool. Le fait est que ceci est arrivé à plusieurs d'entre nous. Mais chacun, individuellement et seul, peut accepter pour lui-même une méthode de vie plus heureuse qui est offerte par le programme AA au buveur à problèmes. Pour cela, "nous en sommes venus à croire", c'est-à-dire que nous acceptons entièrement avec un esprit ouvert qui nous permet de mieux comprendre cette merveilleuse méthode. Dans la deuxième étape il n'est pas dit que nous devons "admettre" qu'une Puissance supérieure à nous-mêmes peut nous rendre la raison. On dit "accepter" en se servant des mots "nous en sommes venus à croire". Si nous abordons la deuxième étape en voulant croire, nous avons donc un esprit ouvert. Il me semble que c'est ici que nous commençons à accepter d'une manière constructive, et, pour en venir là, notre esprit doit être ouvert un tant soit peu. Ce début de compréhension s'améliorera à mesure que nous progressons dans les étapes suivantes. Je pense que cette deuxième étape est le point tournant entre ceux qui ont essayé notre programme et n'ont pas réussi, et ceux qui ont réussi et qui continuent à être heureux, en "mettant en pratique ces principes dans tous les domaines" de leur vie. Personne n'aime à se faire rabattre les oreilles avec le programme spécialement quand nous parlons du côté spirituel. A bien y penser il est plutôt difficile, de rabattre les oreilles de quelqu'un sur un sujet s'il est bien disposé à écouter. Je crois que lorsque nous commençons réellement à avoir l'esprit ouvert nous éliminerons les pierres d'achoppement que nous avions nous-mêmes érigées avec tant d'acharnement. B. D. UNE PETITE FILLE DE SIX ANS A ECRIT CECI: "Le monde est composé de garçons et filles ainsi que d'hommes et de femmes. Les petits garçons ne valent rien jusqu'à ce qu'ils deviennent grands et se marient. Les hommes qui ne se marient pas ne valent pas grand'chose non plus. Les garçons sont assommants. Ils désirent tout ce qu'ils voient excepté du savon. Ma mère est une femme et mon père est un homme si gentil, que je crois bien qu'il devait être une fille lorsqu'il était petit garçon". ALVINOS
Du Malawi ... - Une femme solitaire en Afrique découvre autour d'elle des tas de gens passablement sympathiques - J'ai remarqué que l'on a accordé beaucoup d'attention récemment aux Membres Solitaires. Eh bien, étant donné que je suis depuis dix-neuf mois Membre Solitaire, je trouve, quant à moi, que c'est une bonne idée. Nous avons besoin d'attention, de pitié, d'être dorlotés et de beaucoup de tapes dans le dos. Pourquoi? Vous voulez vraiment savoir? Eh bien! d'abord, je n'ai personne à qui téléphoner et à qui donner des coliques en lui racontant que je deviens tout simplement folle avec les enfants, l'entretien de la maison, la pression, le mari et quoi encore. Je ne peux pas le faire parce que j'ai appris que lorsque je faisais cela avec les gens "normaux", ils pensaient que je faisais du chapeau ... Je pourrais aussi ajouter que je suis obligée de m'associer avec ces "gens ordinaires" qui "ne comprennent pas" ou bien m'associer avec personne sauf moi-même. Eh bien, dans la mesure où je suis en amour avec moi-même, les gens avec qui je me trouve ont tendance à m'ennuyer vous ne savez comment au bout d'à peu près une minute d'apitoiement sur mon sort et de ressentiment débridé. Non seulement cela, mais je ne peux pas assister à des assemblées. II n'y en a pas! Alors, que faire? Au début, lorsque je me joignais à un groupe, je fouillais avidement la place à la recherche d'un étranger à l'air sympathique. Je m'en approchais ensuite en attendant mon occasion. Éventuellement, si je ne me montrais pas trop difficile, (et je ne l'étais jamais) l'occasion se présentait et je lançais par hasard dans la conversation la remarque que j'étais une alcoolique. "Oh, vraiment", me répondait-on alors sur un ton avide, désinvolte, étonné, effrayé, ennuyé ou désintéressé. Selon le genre de réponse que j'obtenais, (pour tout dire, je me contentais de n'importe quel genre de réponse) je racontais ma fantastique histoire au sujet de mon alcoolisme, d'Alcooliques Anonymes et des alcooliques en général. Lorsque mon interlocuteur n'était pas intéressé à ce que j'avais à dire, je le classais habituellement dans la célèbre troisième catégorie. Lorsque le jeu commença à devenir ennuyeux (au bout d'environ un an), je commençai à me demander ce qui n'allait pas chez moi, à part d'être alcoolique. Eh bien, c'était passablement évident, comme la plupart de mes fautes. J'essayais d'intégrer la société à mon monde alcoolique plutôt que de m'intégrer moi-même à la société. Après tout, qui, franchement, pensez-vous était le plus important? Mon moi tout entier ou eux tous ? (Vous pouvez imaginer la réponse à laquelle je suis arrivée). J'ai quand même appris une terrible vérité au cours de cette douloureuse période de "croissance" : les gens qui n'appartiennent pas aux AA sont passablement gentils, sympathiques et compréhensifs, tout comme les gens dans AA et ils ont souvent plus de maturité. A part cela, au cours de cette période d'un an, j'ai réussi à accumuler un bon nombre d'amis, même chez les femmes. J'ai même assisté à des cafés et à des thés et, que Dieu me pardonne, à des cercles de couture! Croyez-le ou non, j’ai finalement découvert que je me plaisais avec ces "civils", avec ces gens "qui ne comprenaient pas", et, eux aussi, semblaient se plaire avec moi. Ils n'ont même pas pensé que j'étais trop terriblement étrange. Certains d'entre eux étaient à la fois bons et honnêtes, distingués, loyaux et sincères. Je faisais le tour en disant: "Vous n'avez pas l'air d'un non alcoolique" et 'On me répondait en souriant: "Eh bien, vous savez, tous les non alcooliques ne sont pas dans la gouttière!" Remarquable! Sérieusement, il y a une raison pour qu'une personne comme moi se retrouve Membre Solitaire; on dirait que cela fait partie d'un "plan directeur". Comme membre d'un groupe AA, je ne me serais probablement jamais trouvé un monde à moi, mais j'aurais continué à avoir deux mondes: le monde d'AA et le monde à l'extérieur d'AA. Dieu a donc jugé que j'avais besoin d'apprendre à "m'intégrer à la société". J'étais l'une de ces personnes qui se servent d'AA comme évasion, comme endroit pour aller pleurer et comme abri contre les épreuves de tous les jours. AA n'est pas ça du tout. C'est un mode de vie et il me faut en incorporer les principes dans tous les domaines de ma vie. Je pense et j'espère sincèrement que lorsque le temps viendra pour moi de retourner parmi mes amis AA, je cesserai de "m'en servir" et je ferai d'eux une partie de ma vie entière. Du moins, j'ai présentement l'impression que j'ai été fait membre solitaire pour apprendre cette leçon-là. Ce serait une honte de ne point profiter d'un cadeau qui m'a été présenté de si belle façon. Janet V.
Ce n'est pas que je pense que je sois nécessaire, mais ... D'où vient cette force qui peut ramener à la vie des êtres humains plongés dans l'univers tragique et sans pitié de l'alcool - des hommes sans présent et sans avenir? Dieu seul qui octroie toutes choses peut avoir allumé la lumière qui nous conduit dans les mains d' AA ... Hier soir, je suis allé dans un parc d'amusement. Il y a des carrousels, des montagnes russes et tout pour rendre les enfants heureux. J'y suis allé avec mes enfants (deux garçons) et avec un autre homme, un vieil ami qui était auprès de moi durant mes six années d'alcoolisme actif. Nous buvions quelquefois durant quinze jours et quinze nuits. J'abandonnais mon commerce, lui, sa pratique dentaire. Nous avons fait tout ce que ceux qui sont atteints de cette maladie font: nous nous battions, nous insultions tout le monde. Enfin, c'est la vieille histoire de la plupart d'entre nous. J'ai arrêté. Il a continué sa vie d'ivrogne malgré que je l'aie invité à aller avec moi chez les A.A. Il est venu une fois, mais sa période d'abstinence fut brève. Il ne revint pas ... tout de suite. Mais l'idée était semée en lui. Elle germa au même rythme que son désespoir. Finalement, il revint. Aujourd'hui, il est sobre depuis trois mois. Il a déjà démontré une grande aptitude pour AA et un sens aigu de l'esprit et du contenu véritables de notre mouvement. En regardant mon ami hier soir au parc, en voyant combien tout cela lui plaisait, lui qui portait comme mes deux fils un petit chapeau de carnaval, montant dans le même avion que mes fils dans un bonheur innocent, je songeai à ce qu'était mon ami et à ce qu'il est maintenant. Une personne a deux visages; l'un est tragique, l'autre est limpide comme un visage d'enfant. Je sais qu'avec un petit peu de bonne volonté, le jour viendra où tout le tragique disparaîtra et où il ne restera que l'image de l'homme que Dieu a créé. Alors, je médite à nouveau sur la grandeur d'AA. C'est pourquoi j'essaie de ne pas me retirer et laisser le combat aux autres. Mon épouse, mon père et plusieurs amis non alcooliques prétendent qu'il est temps que je me consacre entièrement à mon travail et que j'abandonne cette procession d'ivrognes qui défile à mes côtés. Mais il y a quelque chose qui ne me permet pas d'oublier. Non pas que je me croie nécessaire, mais, au contraire peut-être, parce que j'ai l'impression que, si je délaisse AA, quelque chose mourra à nouveau en moi. Et aussi, je vous dirai franchement qu'en dehors du cercle d'amis AA, je ne trouve pas cette plénitude, cette satisfaction et ce bonheur que je n'ai pas connu durant tant d'années. J.V., Colombie.
L’ALCOOL ET SES EFFETS Techniquement, l'alcool est considéré comme un dépressif puisqu'il ralentit principalement les fonctions du système nerveux central, il contracte le coeur et dilate la périphérie. Les réactions ne dépendent pas nécessairement de la quantité d'alcool bu, mais de sa concentration dans le sang. Contrairement à la plupart des autres aliments, l'alcool n'a pas à subir le lent processus de digestion pour s'infiltrer dans le sang. En fait, il y pénètre immédiatement, en passant directement à travers les parois de l'estomac et de l'intestin grêle. Le sang le véhicule rapidement au cerveau. Quand le taux d'alcool dans le sang est peu élevé, il procure une sensation de calme, les taux légèrement plus élevés entraînent une stimulation du cerveau, ils deviennent bavards, agressifs et très actifs; ces changements sont le résultat d'une décompression du cerveau. A des taux supérieurs on observe une dépression des parties les plus basses du cerveau produisant un manque de coordination, la confusion, la désorganisation, la stupeur, l'anesthésie, le coma. DOMREMY (Ste-Thérèse) LES PROBLÈMES DU TRAVAILLEUR ALCOOLIQUE Dans sa campagne annuelle, Sobriété du Canada fait état d'une recherche effectuée auprès de nombreuses industries du pays: l'ouvrier alcoolique donne un mauvais rendement au travail, il n'est pas heureux, il grève lourdement l'équilibre économique du pays. A en juger par les statistiques, un usage abusif d'alcool est l'une des causes principales de l'absentéisme en milieu de travail. En effet, un employé s'absente normalement de son travail 5 à 7 jours par année: celui aux prises avec un problème d'alcool: 22 jours par année. Au Québec seulement, on évalue à quelque 250 millions par année les pertes industrielles causées par "l'alcool" et à 1 milliard de dollars celles du Canada tout entier. Si Sobriété du Canada a pris l'initiative de faire une campagne d'information sur l'alcoolisme et l'absentéisme au travail, c'est pour inciter les employeurs, employés et syndicats à discuter de ce problème en milieu de travail et à prendre les mesures nécessaires pour enrayer cette hausse constante de consommation abusive d'alcool. L’ALCOOLIQUE AU TRAVAIL Un employé aux prises avec un problème d'alcool diminue considérablement son rendement au travail. Il se fatigue plus rapidement, il arrive en retard ou s'absente les lundis ou les lendemains de paye, il prolonge ses heures de dîner et se "camoufle" sans raison. Enfin, il néglige son travail et son apparence physique. L entreprise aux prises avec un alcoolique voit la fréquence des accidents de travail augmenter. En effet, les accidents de travail sont 3 fois plus nombreux chez les alcooliques que chez les autres. En 1975, sur un total de 283 855 accidents du travail survenus au Québec, 34 752 (12,6%) sont dus à l'alcool. S'ensuit un déboursé de $119746000 pour l'industrie québécoise. Il est entendu également qu'environ 1 p. 100 des employés rémunérés sont alcooliques à un degré très avancé et affectent de façon directe la productivité d'une entreprise. UN LONG TRAVAIL D’ÉDUCATION Les relations humaines au travail se détériorent et les relations de travail entre patronat et syndicats sont aggravées. Sobriété du Canada ne veut pas confronter les employeurs et leurs employés dans une lutte contre l'alcoolisme mais plutôt aspire à sensibiliser les deux parties pour qu'elles s'unissent dans un effort de prévention, d'information et d'éducation. Dans une première étape, Sobriété du Canada veut informer et sensibiliser la population à ce problème de l'absentéisme au travail. Maintenant, c'est à vous d'agir pour éliminer ce problème. HÉLÈNE GIGUÈRE et PIERRE LAFLAMME LES ADOLESCENTS COMMENCENT À BOIRE PLUS JEUNES WASHINGTON (UP!) - Les adolescents consomment de l'alcool plus jeunes et se saoulent plus fréquemment que ceux d'il y a 20 ou 30 ans. C'est ce que révèle une étude menée par le Conseil National de l'alcoolisme aux États- Unis. Toutefois l'étude mentionne qu'il n'y a pas de véritable épidémie d'alcoolisme et que le principal problème chez les jeunes demeure la drogue. Le Conseil a siégé à Washington pendant six jours et clôturait hier avec comme thème l'alcoolisme chez les adolescents. Les recherches démontrent qu'environ 90% des adolescents d'aujourd'hui ont fait l'expérience de l'alcool comparativement à 53% dans les années 40 et 50. Les adolescents commencent à boire plus jeunes qu'auparavant et cela va aussi bien pour les filles que pour les garçons. Il est clairement établi que les enfants d'alcooliques ont plus de chances que les autres de devenir eux-mêmes des alcooliques et que l'attitude des parents face à l'alcool est le facteur déterminant dans la conduite future des enfants à ce chapitre (Journal de Montréal) LE TROPHÉE « LASKER » Chaque année, la Fondation Albert et Mary LASKER remet des prix de grand prestige à des savants ou à des groupes qui ont fait avancé la science médicale ou qui ont contribué de façon significative à la santé publique. En 1978, on a donné trois trophées Lasker de $15,000 chacun. En 1951, AA à gagné le trophée Lasker (de groupe) qui lui a été remis par l’Association américaine de la santé publique. Le pris était remis pour signaler le caractère unique et très efficace de la méthode des AA dans le traitement de l’alcoolisme. La présentation disait entre autres : « En insistant sur le fait que l’alcoolisme est une maladie, les AA se trouvent à lever l’ostracisme social qui frappe cette condition. Il se peut qu’un jour, les historiens considèrent le Mouvement des AA comme un phénomène qui fut une grande aventure de pionniérisme social, et dont est sorti un nouvel instrument d’action sociale, une nouvelle thérapie basée sur la relation fraternelle que crée une commune souffrance, une thérapie riche d’un vaste potentiel pour les autres maux, innombrables, de l’humanité ». Bulletin Sud-Est LES ÉVÊQUES D’ONTARIO FÉLICITENT LE MOUVEMENT AA Dans une lettre pastorale récente, les évêques catholiques d'Ontario parlent du "magnifique travail accompli" par des mouvements comme AA, AI-Anon et Alateen. Ils disent en particulier qu'AA "a porté secours à des centaines de milliers de personnes tant de langue française que de langue anglaise au Canada et aux États-Unis. Il s'agit peut-être d'un des moyens les plus efficaces à la portée de l'homme moyen". La lettre des évêques donne suite à une demande de la Fédération des étudiants catholiques d'Ontario qui venait de mener une enquête sur l'alcoolisme et les jeunes. Les évêques signalent aussi certains faits révélés par l'organisme "Addiction Research Foundation of Ontario" qui dit par exemple que la consommation d'alcool devient dangereuse pour une personne qui boit en moyenne dix centilitres ou plus par jour, soit l'équivalent de six bouteilles de bière de 12 onces par jour, ou 26 onces de vin, ou 9 onces de "fort". On cite aussi le fait suivant: en 1976, les Canadiens ont acheté pour 3 milliards de dollars de boisson alcoolique, soit $179 par' personne de 15 ans et plus au cours d'une seule année. Région 4 SAVEZ-VOUS QUE ... Il existe 27 organismes membres dans l'Association des intervenants, en alcoolisme et toxicomanie du Québec. Dix pour cent de la population au Canada aurait des problèmes d'alcoolisme ... On affirme cependant que sur le plan Canadien, le Québec se situe depuis plusieurs années au 3e rang, après la Colombie-Britannique et l'Ontario, quant au nombre estimé d'alcooliques. D'après des spécialistes, le nombre d'alcooliques au Québec sera au minimum de 162 000 en 1981. Savez-vous qu'il existe une revue scientifique publiée en collaboration par les ministères des Affaires sociales et de la Justice du Québec intitulée: Toxicomanies? La presse NOTRE COUVERTURE Cet animal aquatique, l'ornithorynque, possède un bec de canard, pond des oeufs comme ceux d'un reptile. Il demeure toujours une race énigmatique aussi vieux que la création elle-même. Le "DUCK-BILL" comme on le décrit en anglais, est unique en son genre et vit en Australie. Dès son réveil, il est sans cesse actif. Il possède une vue 'perçante, une ouïe fine et le mâle possède un ergot perçé d'un canal qui livre passage à un liquide venimeux; ça relève du mystère. Notre artiste-membre DEL.B. a pensé que le mouvement AA est aussi unique au monde et a été fondé par le DOC (BOB) et BILL. La rédaction
Le AA Grapevine n'est peut-être pas la seule revue mensuelle internationale qui soit rédigée, éditée et illustrée p. des alcooliques. Mais c'est sans doute la seule à l'admettre de bon coeur. Ce numéro de juin du AA Grapevine marque son 35e anniversaire de fondation. La revue vit le jour en 1944, durant la seconde guerre mondiale, alors que le mouvement AA lui-même avait moins de dix ans d'existence. Fait curieux, l'histoire du AA Grapevine est semblable à plusieurs points de vue aux histoires de plusieurs membres de l'association AA. Pendant ses premières années, la revue fut déficitaire, puis elle se supporta elle-même financièrement et contribue depuis quelques années au Fonds de Réserve du Conseil des Services Généraux AA (New York). A l'encontre cependant de plusieurs d'entre nous, alcooliques autrefois actifs, le Grapevine dès ses débuts, a rendu de nombreux services à notre association AA. Durant plusieurs années, cette revue fut le seul lien entre les membres et les groupes à travers le monde et leur seul contact régulier avec les deux fondateurs AA et les Services Généraux dont le siège social nord-américain est à New York. ¸ Même après qu'il eût aidé à mettre sur pied notre structure démocratique, notre co-fondateur Bill W. décrivait encore le Grapevine comme "notre plus efficace et notre meilleur moyen de transmettre notre mode de pensée AA et notre expérience de la sobriété, de la fraternité et de l'entraide". (AA cornes of Age, pp. 31-32). Durant les 35 années au cours desquelles cette revue AA a augmenté son tirage et amélioré sa situation financière, nous avons vu des périodiques géants, avec tirage dans les millions disparaître des kiosques à journaux et du courrier. Ce fait inspire le regret et la tristesse plutôt que l'orgueil. Mais ceci démontre que le Grapevine continue de répondre à un besoin urgent dans la vie d'hommes et de femmes dont la survie même est liée à cette revue de la Fraternité des Alcooliques Anonymes. Le premier numéro du Grapevine parut sous la forme d'un journal de huit pages en juin 1944. Les fondateurs du magazine qui furent affectueusement décrits plus tard par Bill W. comme les "six misérables barbouillés d'encre", avaient un but important en fondant ce "journal". Certains membres AA étaient dans les Forces Armées, dispersés à travers le monde dans des camps militaires, des bases aériennes et navales, en service derrière les lignes de feu ou dans les zones de combat. Il y a 35 ans, durant la seconde guerre mondiale, l'association AA comptait légèrement plus de 10 000 membres et les chances pour un militaire de rencontrer un alcoolique sobre pour parler de la sobriété et d'AA était plutôt minces. Le Grapevine voulait être une réunion "imprimée". Il fut envoyé gratuitement jusqu'à la fin de la guerre à tous membres AA connus dans les Forces Armées. Plusieurs revinrent sobres. Ainsi le Grapevine servit à prouver que la méthode AA est efficace lorsqu'un alcoolique le désire et même dans les conditions les plus difficiles et les plus déplorables. Dans les premiers mois de sa parution, le Grapevine annonçait en primeur la création d'un organisme de santé nationale en vue d'étudier l'alcoolisme. Cette année par conséquent est aussi le 35e anniversaire du Conseil national de l'alcoolisme (National Council on Alcoholism). Cet organisme, quoique jamais associé à AA, contribua à réduire les souffrances de la maladie en s'engageant dans des tâches qu'AA ne peut assumer. Ces tâches comprennent l'éducation publique, la recherche et la participation étroite avec les compétences médicales et on reconnaît aujourd'hui que le NCA à beaucoup contribué à diminuer le stigmate de l'alcoolisme motivant ainsi plusieurs victimes de cette maladie à venir plus tôt au mouvement AA. Avant la fin de sa première année, le Grapevine avait apporté de l'espoir aux familles des alcooliques, y compris les enfants de parents alcooliques. La revue de décembre 1944 publiait l'histoire personnelle de Lois, l'épouse non alcoolique de Bill W. dans laquelle elle racontait comment elle avait appris à vivre selon les principes. AA, non seulement pour Bill, mais pour elle-même. Dans ce même numéro paraissaient des lettres de jeunes gens décrivant comment AA avait changé leur vie pour le mieux. De tels textes parurent dans la revue jusqu'à ce que les Groupes familiaux AI-ANON furent fondés. Le Grapevine imprime encore un ou deux article" AI-ANON et ALA TEEN chaque année. Ce fut par l'intermédiaire du Grapevine que des membres AA sobres purent apporter à la science une contribution précieuse et anonyme. Dans les pages du Grapevine d'avril 1945 paraissait un questionnaire préparé par le Dr EM. (BUNKI) Jellinek, alors responsable des études sur l'Alcool à l'Université Yale (aujourd'hui l'école Rutgers). Des centaines de lecteurs y répondirent, permettant au Dr. Jellinek, un ami d'AA au moment de sa mort, de rendre public son fameux graphique des "Phases de la Dépendance à l'Alcool". Ce diagramme fut un instrument utile aux professionnels pour diagnostiquer et comprendre la maladie de l'alcoolisme. Il a aussi ouvert les yeux des "buveurs à problème" sur la nature de leur maladie et en amena plusieurs à AA ou à d'autres formes de thérapie. Durant plus d'un an, la rédaction, la publication et l'expédition du Grapevine furent presque entièrement assumées par les six fidèles bénévoles de la première heure, nommément: Marty, Priscilla, Abbot, Lois K., Maeve et Kay. La croissance rapide d'AA et du nombre de ses groupes rendirent la tâche trop lourde pour les forces de ces alcooliques dévoués et compétents. Leurs prénoms, inscrits par Bill dans "AA Comes of Age" indiquent que la quasi totalité des premiers bénévoles du Grapevine étaient des femmes et à l'époque, il y a trente-cinq ans, la presque totalité des membres AA était des hommes. Lorsque les journalistes bénévoles demandèrent finalement de l'aide, la "Fondation", (nom à l'époque du Conseil des Services Généraux), demandait aux 600 groupes AA de s'exprimer par vote pour savoir si la revue était d'une grande valeur pour notre association. Le Grapevine devint le magazine mensuel national des Alcooliques Anonymes lors de la publication du numéro de décembre 1945. Comme alcooliques actifs, plusieurs d'entre nous ont eu à divers degrés des ennuis avec la loi. Il ne faudrait probablement pas se surprendre alors si, au début de 1946, le Grapevine fit l'objet d'une enquête de la part du FBI. Il semble que la revue officielle du FBI portait le même titre que la nouvelle revue imprimée par les anciens buveurs. Les États-Unis étaient-ils assez vastes pour contenir deux revues intitulées: The Grapevine? Supposons que divers experts en droit à travers le pays se soient procuré une revue dans l'espoir d'être renseignés sur les activités professionnelles et sociales propres au Bureau Fédéral d'Investigations et aient été au contraire tout étonnés d'y lire d'affreux récits d'exploits alcooliques? ... Un compromis amical fut trouvé. La revue pour la réhabilitation des alcooliques devint "The AA Grapevine." Ayant été "innocentée", si l'on peut dire, par le FBI, la revue s'engagea plus avant dans la voie de la respectabilité. Le AA Grapevine obtint des droits d'auteur et au cours de cette année-là fut incorporé avec un conseil d'administration formé de cinq directeurs (ils sont aujourd'hui 10). Le prix de la revue fut augmenté de $0,15 à $0,25. Durant ses 35 années d'existence certains articles les plus importants du Grapevine ont porté sur des discussions concernant les expériences des groupes (qui aboutirent à l'adoption des Douze Traditions) et sur les échanges d'idées qui ont donné pour résultats nos suggestions de service sous les auspices de la Conférence des Services Généraux, comprenant les Délégués et les Syndics du Canada et des États-Unis. Suite au fameux article de Jack Alexander dans le Saturday Evening Post de mars 1941, l'Association AA connut une expansion rapide. Des groupes furent formés, divisés, fermés, furent déchirés par les dissensions, décimés par des assoiffés de pouvoir détournés de leur but par d'autres doctrines et d'autres causes. Les lettres affluèrent dans le petit bureau de New York, en quête de conseils, demandant la "punition" ou "l'expulsion" de certains membres qui n'agissaient pas au goût des plaignants. À travers cette avalanche de lettres, Bill, et quelques pionniers AA découvrirent des principes qui apparurent par la suite essentiels à la survie de nos groupes en déconseillant certaines pratiques qui sont 'habituellement des sources de conflits. Une série de textes sur les expériences d'AA commencèrent à paraître dans le Grapevine d'août 1945 et arrivèrent à leur point culminant en avril 1946, avec l'article de Bill "Douze moyens d'assurer notre avenir". Des discussions orageuses s'engagèrent dans les groupes et dans notre revue durant plus de quatre ans. Des débats modérés et des diatribes acerbes alternaient sur ces sujets et d’autres. Devrait-on accepter des fortunes laissées par testament? Que devrait-on faire au sujet des Clubs? Devrait-on avoir des règlements pour les membres et dans l'affirmative, lesquels? Les douze principes originaux de Bill, appelés plus tard les Douze Traditions, ne furent pas, comme Bill le déclarait, inventés par lui mais furent "forgés sur l'enclume de l'expérience". Se rappelant ces années de controverse, Bill écrivait que les Traditions furent diversement accueillies. "Seulement les groupes en grande difficulté les prirent au sérieux", agissant ainsi comme la plupart des alcooliques qui prennent les Douze Étapes au sérieux seulement lorsqu'ils sont en "grande difficulté". Le Grapevine permit un grand brassage d'idées alors que des membres de Seattle purent échanger leurs points de vue avec d'autres AA de Bangor, Savannah, Phoenix, des Moines, etc. Finalement, les Douze Traditions furent acceptées dans leur forme actuelle comme Second Héritage, celui de l'Unité, lors du Congrès de Cleveland en 1950. Ce congrès lui-même fut le résultat des discussions rendues possibles grâce au Grapevine, lequel s'adaptait aux changements et à la croissance de notre Fraternité. En 1947, le Grapevine circulait de plus en plus parmi les non-alcooliques. Plusieurs d'entre eux, y compris des professionnels de la médecine, des juges, des membres du clergé et des experts en d'autres sphères d'activités, savaient peu de choses d'AA. Pour bien illustrer ce que nous sommes et ce que nous ne sommes pas, le Grapevine de juin de cette année-là en donnait une définition précise. Cette définition connue aujourd'hui dans AA comme "le Préambule" débute ainsi: "AA est une association d'hommes et de femmes qui partagent..." Depuis son premier numéro, le Grapevine a permis aux membres de notre association de maintenir son unité durant la période d'adaptation à des conditions nouvelles. Dans une interaction mutuelle, notre revue a aidé à former AA comme un tout et, en même temps notre revue s'est modifiée d'après les besoins de nos membres. A la suite d'une enquête menée auprès de ses lecteurs, le Grapevine en 1948 adopta son format actuel de magazine. Le Grapevine fut préparé pour l:énorme tâche qui se dessinait à l'horizon. AA comptait alors environ 2,000 groupes aux États-Unis. Cependant les tâches des services essentiels étaient encore assumées par quelques membres de longue date, comme elles l'étaient lorsque l'association ne comptait qu'une poignée d'alcooliques sobres. Bill et le Dr. Bob étaient tous deux inquiets pensant au jour où les membres AA n'auraient plus de fondateurs vivants pour leur servir de guides et de symboles. Les alcooliques se retireraient-ils dans des groupes virtuellement indépendants à travers le continent, respectant les suggestions de parfaits inconnus dirigeant le Bureau de New York? Se gouverner par eux-mêmes, ce qui était considéré comme plein de risques pour les alcooliques, devint la seule alternative contre l'anarchie. En 1950, Bill et le Dr. Bob dès lors suggèrent dans le Grapevine que les groupes assument la responsabilité de la conduite et de la permanence de notre association AA. Notre revue fut alors le seul porte-parole de la conscience des groupes et elle se révéla un excellent moyen de communication. En avril 1951, la Conférence des Services Généraux eut lieu. Par l'entremise de leurs Délégués, plusieurs milliers d'alcooliques sobres prirent la responsabilité de sauvegarder leur unique moyen de survivance. Notre Troisième Héritage, celui du Service, était né. Après onze ans à $0,25 l'exemplaire, l'augmentation des coûts de production obligea le Grapevine à augmenter le prix de la revue à $0,35 en 1957, prix qui s'est maintenu pendant 18 ans. En janvier 1975, avec l'inflation galopante, il n'en coûte maintenant que $0,50. Au 31 mars 1979, le AA Grapevine avait un tirage mondial de plus de 113 000 exemplaires. Ce tirage est relativement peu élevé comparé au nombre total de membres qui est d'environ un million, mais chaque exemplaire est lu et circule entre plusieurs mains, dans les clubs qui accueillent des membres AA et le Grapevine distribué par ceux qui portent le message dans les prisons, les hôpitaux, les pénitenciers, les refuges et on l'utilise en information publique. Les rédacteurs du Grapevine affirment que la plupart des meilleurs textes parviennent par la poste, non sollicités, de membres de toutes les classes de la société. Un Conseil de Rédaction de dix membres fonctionne en qualité de conseiller. La preuve de l'acceptation du Grapevine par les membres de notre association AA se reflète dans sa présente solvabilité. Durant ses premières années la revue accumula des déficits et ses déficits dus à des besoins sans cesse accrus, étaient comblés par le Fonds de Réserve du mouvement AA. En 1964, le Grapevine déclara un surplus et fut capable de rembourser un prêt de plus de $11 000 au fonds de Réserve. Dans l'esprit de la 7e Tradition, le Grapevine put en 1967, non seulement se supporter financièrement mais fut capable de contribuer $5 000 au Fonds de Réserve. Chaque année depuis, la revue a contribué autant et même davantage aux frais d'administration d'AA. L'année dernière, le AA Grapevine à versé $10 000 au mouvement AA qui autrefois avait subventionné le magazine. Il y a quelques années, une enquête au sein de notre Fraternité démontra de façon significative que les abonnés au Grapevine avaient une moyenne de sobriété continue supérieure à celle d'un groupe-témoin pris au hasard des membres non abonnés. Qu'une relation de cause à effet soit ou non garantie par les résultats de ce questionnaire, l'auteur de cet article croit que le Grapevine est une des nécessités de la sobriété AA. Durant les dix-neuf dernières années de mes 21 ans dans AA, j'ai lu cette revue et j’y ai rédigé des textes. Le Grapevine me garde en contact avec la pensée et l'esprit d'AA; il m'inspire, me divertit et, à l'occasion, m'entraîne à une légitime colère. Puis, lorsque je tourne la page, il me calme me rappelant que je dois mettre "les premières choses, les premières", "Vivre et laisser vivre", "Penser, méditer, penser'" et "LAISSER AGIR DIEU". (AA Grapevine) L.H. Denver, Colo
Je m'adresse ici à tous les pères et à toutes les mères qui ont cette maladie de l'alcoolisme. Étant fille d'un papa alcoolique, j'ai connu les misères que cette maladie peut causer. J'ai vu mon père être incapable de me parler, de me sourire, de sortir de lui-même. J'ai vu ma mère s'enfoncer dans ce drame, découragée souvent, incapable de l'aider ne connaissant, pour le faire, aucune ressource, aucun - remède. Les années ont passé, toutes semblables les unes aux autres. Quelquefois il y avait des bons moments car malgré la maladie de mon père, je voyais dans les yeux ne mes parents tant d'amour et de tendresse que je savais bien qu'un jour, ils s'en sortiraient. Puis, voilà deux ans de cela, ce jour, ce grand jour est arrivé. Papa a connu le mouvement des AA et s'y est accroché avec toute la volonté du monde. Maman l'a encouragé et appuyé, puis, tout a changé. Depuis que papa est un alcoolique anonyme et que maman est devenue Al-Anon, le bonheur est arrivé; un bonheur difficile à expliquer. Papa a un autre mode de vie; à présent je le sens fort pour m'aider, 'me conseiller, me guider. Quand j'ai besoin de lui, je sens maintenant qu'il possède, grâce à ce mouvement, une force extrême, supérieure à beaucoup d'hommes et de femmes qui n'ont même pas cette maladie. C'est incroyable quand une fille découvre tout ce changement comme elle peut être fière de son père; j'aurais envie que tout le monde le connaisse et l'aime. Tout cela, je voulais l'écrire pour vous, parents alcooliques afin que vous sachiez que vos enfants ont besoin, tellement besoin de vous. Je voudrais que vous soyez forts, comme mes parents l'ont été; ils y sont arrivés, vous le pouvez aussi. Puis, un jour, vos enfants aussi auront envie de vous dire merci d'avoir été si forts et à leur tour, ils connaîtront le bonheur d'admirer leurs parents et je crois que, pour un enfant, c'est le plus grand bonheur au monde. Je remercie mon père pour être devenu un homme, un vrai, un homme comme je voudrais que mon mari devienne, avec toute la maturité qu'il a acquise et tout l'amour qu'il nous donne depuis deux ans. Je termine en remerciant ma mère pour avoir tout fait pour nous cacher malheur passé et pour si bien nous démontrer son bonheur présent. Je la remercie aussi de se sacrifier pour assister à des assemblées et pour le sourire constant qu'elle a su conserver malgré les épreuves passées. Parents alcooliques, un enfant a besoin de vous, ne l'oubliez jamais. Il a besoin de votre courage, de votre volonté et surtout, de devenir fier de vous. Aidez-les à vous aimer comme sûrement, vous le méritez. Hélène C
Deux fois, j’ai reçu des réponses rapides et directes à ma prière. Je me suis laissé tomber sur le gazon du terrain de soccer et j'ai pleuré misérablement. J'avais treize ans, étudiant à l'école secondaire en 1944 et je n'avais jamais auparavant connu autant de désespoir et de terreur. Je venais tout juste de perdre une seconde paire de broches dentaires amovibles, et je savais qu'elles valaient environ $600. Ce n'était pas réellement l'argent cependant; c'était la crainte en pensant à la réaction de mes parents (particulièrement celle de mon père) quand ils sauraient ce qui m'était arrivé. Quelques mois plus tôt, il y avait eu toute une scène quand j'avais perdu ma première paire. J'avais promis que jamais, au grand jamais, je ne perdrais de nouveau mes broches; et au milieu de mes larmes et de mes bonnes résolutions, la décision avait été prise, on me donnait une autre chance. Et j'avais échoué. J'avais enlevé les broches de ma bouche et je les avais mises dans ma poche avant de prendre une course effrénée dans l'immense champ avec les autres garçons. Pendant ce qui a semblé une période interminable, avec quelques amis j'ai fait une recherche intensive tandis que la terreur montait en moi. Le terrain était si grand; mes broches si petites. Finalement, il a bien fallu que je me rende compte de la futilité de mes recherches. Dans un état de terreur totale que je n'avais jamais connue jusqu'ici, je suis tombé à terre, presque paralysé. Cachant ma figure avec mes mains mouillées, j'ai prié Dieu désespérément: "S'il vous plaît, mon Dieu, aidez-moi à trouver mes broches! Aidez-moi! Aidez-moi!" J'ignore combien de temps je suis resté dans cette attitude, une minute, peut-être deux, jusqu'à ce que je découvre mes yeux et mette mes bras de côté afin de me redresser pour regarder en haut. Sous ma main droite, en touchant le gazon, j'ai senti mes broches dentaires. L'étonnement, la joie et la gratitude étaient sans égal. J'ai dit: "Merci, merci" encore et encore et j'ai promis que je n'oublierais jamais ce que Dieu avait fait pour moi en ce jour. A la suite d'une telle preuve de son existence, comment pourrais-je faire autrement? Comment en effet? Deux ans plus tard, j'ai pris ma première cuite et pendant les vingt-et-un ans qui ont suivi, j'ai descendu graduellement dans la très familière dépendance à l'alcool. Ça n'a pas été une soumission soudaine. Durant les premiers sept ou huit ans, je n'étais pas, dans mon opinion, un alcoolique. Et, pendant la deuxième période de sept ans, je me suis marié, j'ai eu deux beaux enfants, un bon emploi, une excellente promotion, et une maison en banlieue. C'était le "Rêve américain" de nouveau réalisé pour moi. Mais à la fin (du moins, j'espère que ça été la fin) de mon ivrognerie, la bouteille m'avait mis tout à l'envers. Je m'étais cassé le cou en voyageant en motocyclette un jour où j'étais ivre jusqu'aux oreilles; j'ai été congédié de deux emplois responsables; j'ai été arrêté pour avoir troublé la paix et endommagé une propriété municipale; j'ai perdu ma femme et ma famille et chaque miette de respect de moi-même et de sentiment de faire partie de la race humaine. Il n'y avait pas de place dans cette bouteille pour Dieu. Un horrible matin de juin 1967, tremblant et suant, j'ai téléphoné à l'Intergroupe AA en dernier ressort; je me suis rendu à New York pour parler à un homme nommé Ralph. Il était sobre, m'a-t-il dit, depuis huit mois. (Huit mois? Comment une personne peut-elle vivre si longtemps sans alcool?). Et il avait retrouvé la joie. Il a mis des notes pour moi sur une liste de réunions et m'a donné le nom d'un membre que je devais rencontrer à la réunion le même soir. Mon expérience AA commençait. Ça débutait mal. Pendant le premier moi, je n'ai pas admis que j'étais alcoolique, seulement que ma vie ne s'était pas déroulée comme elle aurait dû, tenant compte de mon enfance heureuse, de mes parents dévoués, une éducation supérieure, tous les avantages qu'on peut souhaiter. Après une deuxième rechute, le 6 juillet, j'ai compris d'une façon soudaine que, oui j'étais impuissant devant l'alcool. Quand même, ça été mal. Pendant deux mois, j'ai assisté à au moins une réunion par jour et je suis demeuré sec mais dégoûté. Chaque jour, c'était: "Pauvre moi! Tous les autres peuvent vivre. Pas moi." Vivre pour moi avant AA avait été de boire continuellement: trois ou quatre martinis le midi, quatre ou cinq avant le souper, du vin ou de la bière pendant le souper, et un digestif ensuite, seul dans ma chambre de six par neuf (prison du Y. M.C .A.). Je me débattais contre les impulsions à boire avec la désespérante certitude que je ne pourrais plus boire sans danger maintenant. Puis, c'est arrivé. Le samedi soir de la fin de semaine de la fête du travail, je cherchais l'oubli. Je traversais ce qui était pour moi la plus dégoûtante, la plus terrifiante expérience de ma vie. Mon monde s'écroulait autour de moi, même si je n'avais pas pris un verre depuis deux mois. Aux petites heures du matin, j'ai commencé à me tourner et me retourner dans mon lit, j'ai arpenté la pièce, j'ai juré et pleuré et je voulais me soûler. Dans le logis de mes parents, où j'étais seul pour le weekend, il y avait un cabinet à boisson bien rempli à dix pieds de moi. J'avais aussi le désir de rester sobre et de conserver les huit semaines de sobriété que j'avais accumulées. Le déchirement était incroyable puisque deux puissants désirs opposés se disputaient en moi pour me gagner. J'ai connu la terreur. Je n'avais personne sur qui compter pour de l'aide, j'étais incapable de dormir et incapable de faire face aux faits éveillé, en dernier ressort, je suis tombé à genoux dans l'obscurité de la chambre. Pour la première fois depuis près d'un quart de siècle, j'ai crié: "S'il vous plaît, mon Dieu, enlevez-moi cette soif pour l'alcool". Il n'y eut aucune lumière vive, pas de douce brise, pas de voix ou d'apparition. Il y eut seulement un grand silence et un soulagement inexprimable. Le tourment a quitté mon corps. J'ai été capable de prendre une respiration profonde et libre, de me relever et de m'étendre sur le lit. Quelques instants plus tard, j’étais dans un profond sommeil sans rêves. Depuis ce soir-là, j'ai recommencé à vivre. Je commence chaque jour en soumettant mon impuissance devant l'alcool à mon Être Suprême et en Lui demandant de me guider durant la journée sans un verre. En admettant la défaite j'ai reçu la victoire; en avouant ma dépendance envers Dieu et envers le mouvement AA et en pratiquant les Étapes, j'apprends à me tenir debout sur mes deux pieds et à devenir un peu plus fort chaque jour. Bill W., à son banquet de trente-quatrième anniversaire de sobriété, a parlé longuement de la nature de l'expérience spirituelle que chacun de nous obtient avec notre méthode. Pour quelques-uns, comme Bill, c'est dramatique; pour d'autres, et nous en connaissons plusieurs dans cette catégorie, c'est à peine visible, mais ça se voit sans erreur possible à travers le progrès régulier; physique, spirituel et moral. Je m'inclus dans la première catégorie. Deux fois, j'ai eu le privilège d'un contact conscient direct avec Dieu. Il y a deux douzaines d'années, un petit garçon a été sauvé d'un intolérable désespoir. Vingt-quatre ans plus tard, le même petit garçon, encore petit parce que l'alcool l'avait empêché de grandir normalement jusqu'à sa maturité, a bénéficié d'un sauvetage semblable, cette fois, dans un cas de vie ou de mort. J'ai reçu la sobriété. Aucune reconnaissance n'est égale à ce don. J'exprime reconnaissance, imparfaite c'est sûr, en étant raisonnablement actif dans AA, en transmettant le message, et en travaillant à me connaître et à être moi-même en toute honnêteté comme je peux le faire aujourd'hui. Lorsque ma foi faiblit, comme il arrive souvent, malgré les deux contacts conscients avec Dieu dont j'ai bénéficié: je prie qu'elle s'améliore. Je prie afin d'entendre Ses paroles: "Sois calme et sache que je suis Dieu". L.L. Manhattan N.Y. (AA Grapevine
On entend souvent dire: les Étapes, le mode de vie, c'est exigeant. Se renoncer, se donner aux autres c'est fatigant. On croit que la vraie liberté dans le monde consiste à tout avoir, à tout se permettre dans tous les domaines de notre vie. Vous savez comme moi que pour arriver premier, l'athlète doit s'imposer du travail et des renoncements. Il doit éliminer de sa vie tout ce qui pourrait l'empêcher d'arriver à la perfection dans sa discipline sportive. Esclave, Qu'est-ce qu'un esclave? Le dictionnaire nous dit que c'est celui qui est sous la dépendance absolue d'un autre. On dit que l'alcoolique (actif) est dominé par la boisson; qu'elle est sa maîtresse. Quel est le plus grand esclave si ce n'est celui qui se laisse entraîner et dominer par toutes ses passions. Le jour où quelqu'un se permet des diversions, il n'est plus le maître, mais il devient conditionné par sa passion, que ce soit boisson, argent, jeu etc. Le coeur qui ne met pas un frein à ses désirs, à ses passions, est divisé, dominé, tyrannisé par eux. Il perd sa liberté. Lorsque dans ma vie d'enfant j'étais l'esclave de mon orgueil, était-je libre? Après avoir bu quelques années, j'ai connu la liberté parce que le souffle de l'alcool a réveillé en moi cette attitude de sérénité. Agressif et calme, sûr de moi-même, brillant, de bonne apparence, Don Juan, tout m'était donné. Au verre suivant tout s'éloignait mais une seule chose restait, l'obligation de prendre un autre verre. Après quelques années de beuveries où j'avais réussi à tout détruire; épouse, enfant, maison, carrière, je suis arrivé à AA pour vous apporter ma carcasse. Il y a maintenant plusieurs années que je ne bois plus et que j'essaie de mettre de l'ordre dans ma vie. Je m'aperçois aujourd'hui que j'étais et que je suis encore un grand esclave; c'est-à-dire que je ne suis pas libéré de toutes mes passions. Si je me penche sur mon mode de vie et que j'essaie constamment de mettre en pratique ce simple programme AA, je suis convaincu que finalement je vais me libérer peu à peu de moi-même et grandir dans une nouvelle dimension, celle de la vraie vie, de la sobriété réelle et de la sérénité de l'âme. Adrien, L'Assomption.
AA World Services, Inc. P.O. Box 459 Walther H. Lechler M.D. Chers Amis AA, Joyeux Anniversaire à Alcooliques Anonymes et d’ « AA Grapevine ». Étant donné que je ne suis pas le porte-parole d'AA, ceci n'est pas une lettre officielle AA. Je veux simplement exprimer mes salutations amicales et de vous informer sur l'événement important qui eut lieu le 9 juin 1979 à Baden Baden, Forêt Noire, Allemagne de l'Ouest. Au cours de la 95e convention de Neuro-Psychiatrie la distinction honorifique Hermann Simon fut décernée aux Alcooliques Anomymes d'Allemagne pour signaler leur reconnaissance de l'éminent travail accompli au cours de leurs vingt-cinq années d'existence. Hermann Simon, psychiatre allemand. Il fut le directeur de l'institut "West Pflaz Warnstein" de 1905 à 1914, directeur de l'institution "Guetersloh" de 1914 à 1935. Créateur de la "Thérapie Activée", (1923). La thérapie activée est un moyen d'empêcher la condition du patient d'empirer durant un séjour en institution, soit par le travail de thérapie, les thérapies de groupe, soit l'implication intensive du patient dans la vie communautaire, soit l'élimination de certaines mesures sécuritaires et l'implication activée du thérapeute avec le patient. Le prix "Hermann Simon" est un prix de 10000 marks allemands (environ $5000), gracieuseté de la firme Heyden Chemical de Munich. Le Comité annoncera dans les revues Médicales que la récompense de 1979 aura un 10000 DM additionnel dû au fait que les AA refusèrent la somme d'argent parce qu'ils veulent respecter la septième tradition: - "Chaque groupe AA doit se suffire à lui-même, refusant toutes contributions de l'extérieur". Le Dr. Hippius, Professeur à l'école de Médecine de Munich et Directeur de l'hôpital Psychiatrique de Munich mit l'accent sur le fait que cette fraternité assume ses propres responsabilités pour son bien-être et ne demande aucun paiement pour ramener les êtres à la vie normale. Il nota aussi que ceci est nouveau dans notre société où tout le monde pense que tout ce qui concerne la santé doit être payé; exemple,.l'état, les assurances ou d'autres organismes sociaux. Le Conseil Allemand m'a désigné pour accepter la récompense pour AA. Ceci fut un insigne honneur pour moi d'avoir l'occasion d'être un participant dans cette reconnaissance par la Neuro-Psychiatrie Allemande. Étaient présents à cette cérémonie avec moi, le Révérend Rolf Schreiter, (Ex-délégué aux assemblées de Services Mondiaux) et l'avocat Peter Borlein. Ces deux hommes sont des membres non alcooliques du Conseil Allemand des Services AA. En juin 1954, lorsque je joignis les rangs de l'Armée Américaine et au même moment, un membre très actif d'AA de la compagnie H&S du 7e bataillon de Génie, division de la 5e infanterie, a réussi à me "contaminer" avec AA. Depuis lors, je souffre joyeusement de cette condition ayant changé entièrement ma vie et mon approche thérapeutique. Je veux mentionner le Dr. Gerhard Mentzel, directeur de la clinique "Hardtwald", D-3584 Zwesten, un cher vieil ami des premiers jours d'AA en Allemagne. C'était dû à son infatigable persévérance que la récompense Hermann Simon fut décernée à AA plutôt qu'à un groupe professionnel, une réussite inusitée. C'est mon opinion qu'il y a une puissance dans le programme de relèvement AA prouvé maintenant depuis quarante-quatre ans qui fut capable de transporter des montagnes de misères dans ce monde. Je crois que nous n'avons pas encore reconnu l'importance ou la portée de l'expérimentation naturelle qu'AA a accomplie. Nous avons à peine écorché la surface de compréhension de ce que cette expérimentation naturelle peut vouloir représenter pour nous. Ceci pourrait révolutionner totalement tous nos concepts psychothérapeutiques et nos méthodes actuelles. Il se trouve tellement de dynamite dissimulée dans ce programme, qui anéantit les attitudes auto destructives et rétablit l'état naturel de l'être qui est la santé! J'ose espérer pouvoir être capable de convaincre le Comité du Prix NOBEL de récompenser le mouvement AA avec toute la reconnaissance qu'il mérite en lui accordant le prix de "EARTH PEOPLE". En 1985, à l'occasion du 50e anniversaire d'AA, j'aimerais voir ce fait s'accomplir. Sincèrement, Walther H. Lechler, M.D.
Depuis ce temps, à toutes les réunions auxquelles j’assiste, peu importe ou ça se passe et qui s’y trouve, je sens de la même manière fondre les barrières, car moi aussi je viens de sortir de prison, la prison de ma maladie. À la réunion, à Santa Monica, l'animateur nous dit qu'il avait été en prison, puis nous décrivit le contraste miraculeux entre son ancienne vie et la nouvelle. Pendant qu'il parlait, je me suis rappelée ma toute première réunion AA, un an et trois mois auparavant. C'était à Milwaukee. Je me souviens d'être entrée dans cette salle si effrayée que je pouvais à peine voir ou entendre. Je n'aimais rien dans la pièce, ni la fumée de cigarette, ni les verres en styrofoam, ni la grande pancarte où était écrit quelque chose qui s'appelait « Les Douze Étapes », sur le mur. Et surtout, je n'aimais pas le fait que, sur trente-deux personnes, seulement trois étaient des femmes. Ayant grandi avec un père brutal, ma mère et ma grand-mère m'ayant élevée pour servir les hommes avec le sourire, j'avais eu peur des hommes et leur en avais voulu toute ma vie. Et j'étais là, assise en cercle avec vingt-neuf travailleurs de la construction et de la brasserie, des gars endurcis et forts, du genre dont j'avais le plus peur. J'aurais voulu m'enfuir en courant, m'en retourner à mon hôtel, mais je tremblais trop pour bouger. Alors un homme commença à partager. Il nous raconta qu'il venait juste de sortir de prison, où il avait fait la connaissance d'Alcooliques Anonymes, et que, même s'il était fragile et craintif, il commençait une nouvelle vie avec l'aide de sa Puissance supérieure. Il parlait calmement, sans artifices ni excuses. Je fus surprise par la douceur qui l'habitait et je fus ébahie de constater que je le comprenais comme un frère. Il me semblait qu'il parlait pour moi. J'entendais Dieu dans sa voix, je voyais Dieu dans ses yeux, et à ce moment-là, je « saisis » tout ce que signifie AA. Pour ma première réunion AA, une Puissance supérieure m'avait placée dans le bon groupe, où je ne pouvais pas ne pas voir que la grâce de Dieu va au-delà des sexes. Une semaine plus tard, mon travail m'amena à New York. Encore fragile et vulnérable, je me trouvai à nouveau dans une réunion; principalement composée d'hommes. Cette fois-ci, c'était des types battus, abîmés, qui avaient connu la Bowery, et il y avait aussi deux ou trois femmes de ménage, les pieds enflés. Je ne me sentais pas à ma place, avec ma blouse de soie et mes perles, et je me sentais terriblement seule, isolée par le sexe et le niveau de vie. J'étais aussi minoritaire sur le plan racial. L'animateur, un Noir qui avait été dans la prostitution, nous raconta son histoire graveleuse, dont un passage en prison. Sa nouvelle vie dans la sobriété constituait un contraste stimulant par rapport à son passé. Alors il invita les gens présents à participer. Même si j'avais désespérément besoin de partager, j'avais l'impression que je n'en avais pas le droit, car je n'avais pas vraiment été au fond, comme eux. Mais ma peine était si intense qu'elle finit par sortir quand même. Je leur dis à quel point me manquait le meilleur amant que j'aie jamais eu, l'alcool, que je me sentais dépossédée, comme si la mort m'avait ravi quelqu'un de très proche. Alors que coulaient mes larmes, des mains de différentes couleurs se sont tendues. Une main noire m'apporta une serviette de papier. Une main brune ouvrit son « Vingt-quatre heures» sur mes genoux, me pointant du doigt un paragraphe à lire. Une main plus pâle me tapota l'épaule et une autre me donna une copie de Vivre sans alcool, que la personne venait juste d'acheter pour moi, parce que ce livre l'avait aidée à vivre ses premiers jours. J'ai fini par me calmer et, dans le silence qui suivit, l'animateur dit : « Il n’y a personne, dans cette pièce, qui ne sait pas comment tu te sens en ce moment.» Jamais je n'oublierai ces paroles. Une fois de plus, j'ai ressenti un lien tant avec les hommes qu'avec les femmes, de toutes les couleurs et de toutes les conditions tous bercés que nous étions dans les bras de la grâce de Dieu. Depuis ce temps, à toutes les réunions auxquelles j'assiste, peu importe où ça se passe et qui s 'y trouve, je sens de la même manière fondre les barrières, parce que moi aussi je viens juste de sortir de prison, la prison de ma maladie. Moi aussi, je suis miraculeusement guérie par ma Puissance supérieure et guidée vers une vie nouvelle. J.H. Santa Monica (Californie)
Cinquième Tradition: Chaque groupe n'a qu'un objectif primordial: transmettre son message à l'alcoolique qui souffre encore.
" Practice These Principles ... ",
Maintenant, je suis sobre et j’ai deux oiseaux qui chantent à la maison. Pour rien au monde, je ne voudrais laisser échapper ces oiseaux-là. Un jour, en rentrant de mon travail, j'entendis dans la maison fredonner des airs à la mode et j'ai réalisé que c'était mon épouse et ma fille qui chantaient en nettoyant la vaisselle; la joie et la bonne humeur étaient de la partie. Je me suis approché sans bruit pour les écouter et, en les admirant, je me suis ramené quelques 24 heures en arrière. Je me suis rappelé que lorsque j'étais actif en alcoolisme, l'atmosphère de la maison était terne et amère. La seule personne que l'on entendait, c'était moi, hurlant, trouvant comme prétexte que la radio fonctionnait trop fort, que la gamine jouait trop bruyamment, ou que le chien manifestait trop sa joie lors de ma rentrée au foyer. Bref, tout m'exaspérait. Après les bonjours d'usage vite faits bien faits, je m'installais sur mon divan et à part la télévision on entendait les mouches voler. Lorsque l'on me demandait quelque chose, soit je faisais semblant de ne pas entendre, soit je soupirais, ou c'était de l'énervement, de la colère. Quant aux factures, au bulletin de la gamine ou autres choses importantes, je laissais tout pour un lendemain, lequel je n'en savais trop rien, ou c'était ma femme qui se tracassait pour les paiements et les arrangements de dettes et puis elle était là pour ça ; moi j'avais autre chose de plus important, il fallait que je m'occupe de ma maîtresse: une belle blonde, attirante à souhait, avec son joli prénom bière et son nom alcool. De tout cela en découlait que mon travail et ma santé ont commencé à décliner et mes dettes à augmenter. Un ami AA est venu me parler; j'avais déjà eu connaissance de ces «gens un peu spéciaux », mais ce n'était pas pour moi. J'avais déjà essayé de m'arrêter de boire plusieurs fois, mais sans résultat concret ; c'était pour replonger encore plus bas. Après plusieurs conversations je me suis décidé de partir dans un centre de désintoxication alcoolique. Je revenais en weekend et c'est dans ce centre que j'ai vraiment fait connaissance avec des AA, leur mode de vie de « gens spéciaux» et j'ai constaté que c'était moi qui étais spécial. Quand je suis revenu de ma cure, j'ai continué à fréquenter un groupe AA qui m'apporte de plus en plus de satisfaction. Je suis sur le chemin pour former un nouveau groupe avec un autre ami AA. Maintenant que je suis sobre, le calme, la joie et la sécurité se sont installés dans notre foyer et se lisent sur les visages de mon épouse et de ma fille, le bonheur refleurit chez moi et j'ai deux oiseaux qui chantent à la maison. Pour rien au monde, je ne voudrais laisser échapper ces oiseaux-là. C. (Arlon)
Cette émotion est si laide que personne le moindrement sain d'esprit ne veut admettre qu'il la ressent. Même une fois devenus sobres, nous excellons toujours à nous dissimuler à nous-mêmes que nous baignons dans une mare d'apitoiement. Nous sommes prompts à répliquer qu'il s'agit d'une tout autre émotion lorsque nous avons le désagrément d'entendre quelqu'un nous dire que nous faisons visiblement de l'apitoiement. Ou bien nous pourrons, en un instant, inventer jusqu'à treize raisons à la douzaine, toutes parfaitement valables, pour nous justifier de nous prendre quelque peu en pitié. Cette souffrance dans laquelle nous nous complaisons par habitude nous poursuit encore longtemps après notre désintoxication. L'apitoiement est un mirage séduisant. Il est beaucoup plus facile d'y succomber que de choisir l'espoir, la confiance ou une simple activité. Les alcooliques ne sont pas les seuls ainsi. Qui peut se souvenir d'une maladie ou d'une douleur de son enfance peut également se rappeler un certain soulagement à crier toute consolation. Presque tout être humain peut, à l'occasion, se complaire dans des lamentations puériles du genre: « Laisse-moi tranquille ! » Au début de notre sobriété, l'apitoiement s'exprime souvent ainsi: « Pauvre de moi! Pourquoi ne puis-je pas boire comme tout .le monde? » (Les autres?) Pourquoi faut-il que cela m'arrive à moi? Pourquoi faut-il que moi, je sois un alcoolique? Pourquoi moi? Ce genre de réflexion est un merveilleux véhicule pour se diriger rapidement au prochain bar. Récriminer sur une question aussi insoluble équivaut à se désoler d'être né à notre époque plutôt qu'à une autre, ou sur cette planète plutôt que dans une autre galaxie. Nous constatons, dès nos premières rencontres avec des alcooliques rétablis venant de partout à travers le monde, qu'il ne s'agit pas, bien sûr, uniquement de « Moi ». Certains prennent plaisir à tourner le fer dans leurs plaies. De l'époque où nous buvions, il subsiste souvent une habilité féroce à jouer ce jeu inutile. Nous pouvons aussi manifester un talent singulier pour transformer la moindre contrariété en catastrophe. Si le courrier nous apporte une facture de téléphone énorme, une seule, nous déplorons être continuellement endettés, murmurant qu'il n'y aura jamais, jamais de fin. Si le soufflé se dégonfle, nous accusons notre inaptitude passée et future à réussir quelque chose. À la livraison de notre nouvelle voiture, nous marmonnons aussitôt: « Avec ma veine habituelle, ce sera sûrement un ... » Si vous avez complété cette phrase par le mot citron, vous faites partie de notre club. C'est comme si nous portions sur notre dos un immense sac plein de mauvais souvenirs, tels les douleurs et les rejets de notre enfance. Qu'une légère contrariété quelque peu semblable à l'un de ces souvenirs se produise 20 ans ou même 40 ans après, voilà l'occasion rêvée de nous arrêter, de rouvrir le sac pour en sortir d'un geste amoureux, l'une après l'autre chacune de ces vieilles blessures et malchances. Plongeant avec émotion dans nos souvenirs, nous les revivons intensément l'un après l'autre, remplis de honte de nos fredaines d'enfant, grinçant des dents de nos colères anciennes, nous remémorant nos vieilles disputes, tremblant d'une peur presque oubliée ou refoulant peut-être une larme ou deux au rappel d'un ancien chagrin d'amour. Voilà des cas extrêmes d'apitoiement authentique mais facilement identifiables par quiconque en a déjà été témoin ou l'a déjà ressenti jusqu'à vouloir fondre en larmes. Il consiste essentiellement en un repliement total sur soi-même. Nous pouvons devenir si centrés sur notre petit moi, moi, moi, que nous en perdons tout contact avec autrui. Il n'est pas facile de vivre avec quelqu'un comme ça, à moins qu'il ne s'agisse d'un enfant malade. Alors, quand nous devenons ainsi victimes d'une pareille compassion, nous tentons de la dissimuler, particulièrement à nous-mêmes. Mais là n'est pas la solution. Au contraire, il nous faut nous extraire de cet enlisement et prendre un peu de recul pour obtenir une perspective de soi juste et honnête. Une fois l'apitoiement clairement identifié, nous pouvons commencer à le combattre autrement que par l'alcool. Nos amis peuvent nous être d'autant plus utiles qu'ils sont près de nous et capables d'un échange à coeur ouvert. Ils peuvent percevoir la fausse note dans nos plaintes et nous la signaler. Ou nous pouvons l'entendre nous-mêmes et commencer à identifier nos véritables sentiments tout simplement en les exprimant à haute voix. L'humour est une autre arme efficace. La description de sa dernière crise d'apitoiement faite par un membre au cours d'une réunion des AA provoque les plus fortes explosions de rire et nous transporte, comme auditeurs, dans un kiosque à miroirs déformants. Là, nous nous reconnaissons bien, des hommes et des femmes adultes, aux prises avec des émotions de bébés. Malgré le choc possible, l'hilarité générale allège la douleur et produit finalement un effet salutaire. Nous pouvons aussi combattre l'apitoiement dès ses premiers symptômes par une comptabilité instantanée. Pour chaque entrée de malheur débitée, nous trouvons un bienfait à créditer. La santé, l'absence de maladie, les amis, le beau temps, la perspective d'un bon repas, des membres indemnes, les gentillesses partagées, un «vingt-quatre heures» sobre, une heure de travail profitable, un bon livre à lire et de nombreux autres facteurs peuvent s'additionner pour compenser le passif, cause de notre apitoiement. La même méthode peut servir a dissiper les « bleus » du temps des Fêtes qui, soit dit en passant, n'atteint pas que les alcooliques. Beaucoup d'autres gens sombrent dans l'apitoiement à l'occasion des fêtes de Noël et du Nouvel An, lors d'anniversaires de naissance ou autres. En membre des AA, nous apprenons à déceler cette vieille tendance à entretenir la mélancolie, à ressasser la liste des personnes disparues, de celles qui nous ignorent, et à déplorer que nous ne puissions offrir que de modestes présents alors que les riches peuvent en offrir de plus coûteux. Maintenant que nous sommes sobres, nous portons au grand livre, côté crédit, notre reconnaissance pour une bonne santé, pour les êtres chers qui nous entourent, pour notre capacité d'aimer. Et une fois de plus, le solde apparaît dans la colonne des crédits. Vivre sans alcool, p. 67
Pour des milliers de lecteurs, dans des centaines de groupes à travers le monde, La Vigne est plus qu'une revue. Elle joue un rôle vital et concret dans le mode de vie qui permet à des hommes et des femmes de mener une vie heureuse et utile, sans alcool. Elle est une messagère renseignée, amicale et stimulante, utile tant au membre et à l'ami qu'au groupe tout entier, peu importe sa taille. Elle est particulièrement pratique pour le parrainage. Si vous êtes en proie au ressentiment, à la confusion ou simplement à l'ennui, passez quelques minutes avec la dernière Vigne. Elle vous aidera à voir votre problème d'alcool, AA et vous-même sous un autre jour. Voici quelques-unes des utilités concrètes et précises de La Vigne pour de nombreux individus et groupes. Pour le membre 1 - Elle est une « réunion par écrit » 2 - Elle est un cadeau idéal 3 - Elle est un « déclencheur d'idées» 4 - Elle est votre reporter personnel 5 - Elle est un forum 6 - Elle est une compagne de Douzième Étape Pour le groupe 7- Elle fournit des sujets de discussion dans les groupes 8 - Elle est un bassin d'expérience 9 - Elle accompagne AA dans les institutions 10 - Elle est une aide précieuse pour les nouveaux et les nouvelles 11 - Elle est un lien avec l'ensemble du mouvement 12 - Elle est une source d'information sur l'alcoolisme Anonyme, mais jusqu'à quel point? En règle générale, le nouveau venu voulait d'habitude que sa famille sache immédiatement ce qu'il essayait de faire. Il voulait aussi le dire à d'autres personnes qui avaient tenté de l'aider: son médecin, son pasteur et ses amis intimes. À mesure qu'il prenait confiance, il trouvait normal d'expliquer son nouveau mode de vie à son employeur et à ses associés en affaires. Quand les occasions d'être utile se présentaient, il se rendait compte qu'il pouvait facilement parler des A.A. à presque n'importe qui. Réflexions de Bill, p. XLIII
Ce n’est que le jour où j’ai capitulé et que j’ai admis honnêtement que j’étais impuissant devant l’alcool que la situation a changé. Mon prénom est G., je suis définitivement un alcoolique. Nos fondateurs Bill et Bob ont misé juste lorsqu'ils nous ont légué les services, comme troisième héritage. Fils unique, j'ai été élevé par des parents qui m'ont surprotégé et choyé à l'extrême. Avec les années, je suis devenu égoïste, menteur, voleur et j'avais tous les atouts pour devenir alcoolique. l'ai bu pour la première fois à l'âge de treize ans et cela a progressé. À dix-huit ans, j'aurais été prêt pour AA, mais le mouvement des Alcooliques Anonymes n'existait pas là où j'habitais. La boisson me détruira moralement, physiquement et spirituellement et m'amènera même en prison. Ma vie se résume en peu de mots: échecs, remords, angoisse. À mon arrivée chez AA ce ne fut pas facile, j'y allais, j'en repartais, j 'y revenais, et ceci durant une assez longue période. Ce n'est que le jour où j'ai capitulé et que j'ai admis honnêtement que j'étais impuissant devant l'alcool, que la situation a changé. Une fois cette constatation faite, je me suis tourné vers une Puissance supérieure, celle-là, je l'appelle Dieu tel que je Le conçois. Dès mes débuts, je me suis donné à AA et j'ai fait plusieurs meetings par semaine. J'ai trouvé des amis sincères et j'ai suivi leurs suggestions. Mon implication dans les services a été importante pour moi, je termine actuellement un terme de responsable à La Vigne AA dans mon district. Je dois tout cela à Alcooliques Anonymes qui m'a permis de faire une foule d'amis sur qui je peux compter et faire de la douzième Étape, une priorité, une priorité dans ma vie. Je termine en disant que je suis trop occupé à être heureux pour avoir le temps d'être malheureux. G., Cap-de-Ia-Madeleine
J'ai quarante-quatre ans et je suis en santé et heureuse. Je suis dans notre Mouvement depuis dix ans et j'aurai bientôt seize ans de sobriété. Pour le commun des mortels, réhabilitation veut dire guérison, recouvrement de la santé et fin des souffrances. À la personne qui souffre, je peux te dire que réhabilitation veut dire, pour nous des AA, mode de vie. J’ai vécu une jeunesse somme toute fort heureuse, avec de bons parents et un bon voisinage, de l'amour et beaucoup de tendresse. Il n'y a vraiment rien dans ce tableau qui signalait le sombre gouffre dans lequel je glisserais. Un verre de vin nous était offert le dimanche. À cette époque, les joues rougies et le cœur réchauffé, tout était gai et chaleureux. Les années se succèdent; mes études au Cégep ne me motivent plus autant. On terminait nos semaines dans les soirées bavaroises. Je me souviens encore du spectre de ma mère qui me rappelait l'une et l'autre de mes tantes alcooliques. Je me disais: «Bien oui! Bien oui! la mère, je ne suis pas celle qui sombrera de sitôt dans la noirceur ». Pourtant, trois étés passés loin de la maison ont suffi pour me prouver que moi, Lorraine, je ne pouvais et je ne pourrais jamais boire normalement. Ayant eu une bonne éducation et de bons principes, il ne fut pas difficile, pour un certain temps, de me tenir à distance de mon premier verre. Cependant, les déceptions amoureuses, les pertes d'emploi à répétition et les rejets personnels m'ont vite fait reprendre le chemin de la bouteille. Elle est devenue, d'ailleurs, mon seul et unique grand compagnon de voyage. Mon alcoolisme, doublé de mon anorexie, m'a conduit en psychiatrie pendant trois mois. Personne ne pouvait me dire d'où venait ce déséquilibre ... Il y a vingt ans, une jeune fille ne pouvait sûrement pas être diagnostiquée alcoolique. Je retournais à ma vie de tous les jours et, sournoisement, à celle de mon problème de boisson. Alors que mon existence n'avait plus de sens et que je croyais tout terminé, mon père s'est joint au mouvement des AA. Je me suis dit que, pour l'aider, je ne boirais plus. Je me souviens d'être entrée dans une église, de m'être agenouillée et d'avoir totalement abandonné à Dieu mon alcoolisme. Six ans sans problème. De mon père, j'avais reçu le Vingt-quatre heures que je lisais tous les jours. Mais je n'acceptais pas de me rendre à une réunion et de me déclarer alcoolique. Pendant ce temps, j'ai vécu un divorce et je suis restée seule avec mes deux enfants. J'ai commencé à sortir avec un copain alcoolique. Chaque fois que nous sortions, il m'offrait de la bière ou de la « coke ». J'ai commencé à douter de mon problème; je rêvais que je consommais. Prise de panique, j'appelai les AA. Je me trouvais dans cette impasse où l'obsession ne nous quittait plus. Je suis, depuis ce temps, dans notre Mouvement. J'assiste régulièrement à des réunions. Je suis impliquée dans un groupe. L'appartenance, l'entraide et le message au nouveau sont des éléments essentiels au maintien de ma sobriété. Avec des gens qui veulent s'en sortir, ma vie devient plus agréable. La culpabilité et l'ennui ne sont que des souvenirs qui parfois me reviennent lorsque je ne suis pas suffisamment notre mode de vie. Pour terminer, je voudrais souhaiter à tous ceux qui les cherchent encore, de trouver cette paix et cette harmonie qui habitent en chacun de nous. Lorraine
Je suis heureuse de vous raconter ma nouvelle vie, aujourd'hui. Un grand ami, un ami de cœur, m'a remis mon jeton de trois mois dernièrement. Un beau jeton d'abstinence, de travail moral, un beau cadeau bien mérité, dont je suis très fière. Mon histoire se résume en quelques points, comme celle de vous tous: famille brisée, famille d'accueil depuis l'âge de huit ou dix ans, aucun amour, aucun accès à une vie équilibrée. Jusqu'au jour de mes seize ans, où je me suis mise à travailler et à me prendre en charge. Seize ans, le vent dans les voiles, un besoin de liberté et beaucoup de projets. Je n'avais, bien sûr, aucune expérience. J'ai tout appris par moi-même, mais pas toujours de la bonne façon. À dix-sept ans, dans les années 70, je travaille deux ans comme serveuse dans le Vieux-Montréal: c'est le vrai début de mes folles nuits d'alcool et de nuits blanches. Puis, je me suis mise à voyager: Québec, Port-Cartier, Sept-Îles, retour à Montréal, toujours comme serveuse dans les discothèques, les terrasses et les bars. J'allais plonger dans le monde imaginaire du bien-être; quelle tromperie! Tous mes projets d'une belle vie tombent à l'eau. En 1974, je suis enceinte de mon premier enfant. J'ai cessé un certain temps ces nuits de fête. Je me suis donné une autre chance de recommencer à zéro. Durant quelques années, ce fut ainsi. J'ai cessé de travailler dans les bars pour aller dans un domaine différent: la construction. J'avais mis de nouvelles bases à ma vie. Mais ça n'a pas duré. Bons salaires, voyages, facilité d'apprentissage pour ce nouveau travail, un enfant merveilleux, tout était beau. J'ai donc recommencé à consommer de l'alcool, et aussi des drogues qui étaient de plus en plus d'accès faciles. Une deuxième grossesse m'a remis les pieds sur terre, mais pas pour longtemps. Ma consommation faisait toujours partie de ma vie, des jeudis de la paye jusqu'au samedi soir. Pendant ces années en partie gaspillées, je savais qu'il y avait le mouvement des AA pour aider les femmes comme moi, mais sans jamais approfondir la question : « Comment on fait pour s' y rendre ?» Le temps a passé jusqu'à ce que ma santé devienne très précaire et mon moral complètement à vide: vide de sens, d'amour et d'amour-propre. Je ne comprenais plus rien face à ma vie, à mes enfants. Un jour, j'appelle un ami pour avoir de ses nouvelles. On se rencontre. Il me dit qu'il fait partie du mouvement des AA depuis quelques années. Il m'invite à quelques réunions. J'étais enchantée, mais je m'avouais difficilement alcoolique: quelle honte de s'avouer telle! Je suis allée chercher mon premier jeton. Quinze jours plus tard, j'étais au fond de la bouteille: je n'avais pas avoué et compris que j'étais alcoolique. La tristesse s'est emparée de moi: j'avais une sorte de remords. J'y suis retournée et je suis allée chercher un autre jeton de la nouvelle, avec les larmes aux yeux. Je me suis donné la chance de comprendre. Je me suis avoué que j'avais la vraie maladie des émotions, celle de l'alcool et des substituts. Ce grand ami m'invitait à aller à plusieurs réunions, à prendre mon temps, à comprendre, à lire. J'ai réappris le Notre Père. J'essaie de mettre en pratique les Étapes et la Méthode. Je me sens de mieux en mieux, autant physiquement que moralement. Aujourd'hui, j'ai le désir de continuer dans cette nouvelle vie. J'ai souvent plongé dans des eaux troubles qui ne m'ont servi qu'à briser ma vie, mes rêves, mes enfants, mon travail. Aujourd'hui, je me donne cette chance que m'a fait découvrir cet ami si cher, cette belle façon de vivre et d'être fière de moi. Aujourd'hui, je veux mordre dans ce renouveau. Pour toi, le nouveau ou pour toi qui reviens, accorde-toi la chance de changer ta vie. Laisse ton orgueil de côté et les qu'en dira-t-on! Laisse-toi bercer dans cette nouvelle vie. Les réunions, la Méthode, les Étapes, les gagnants que tu reconnaîtras, tout ça te sera offert avec les AA. Il nous restera à faire le travail sur nous-mêmes, vingt-quatre heures à la fois. De mieux en mieux dans ma peau, ma tête et mon cœur! G., Longueuil
J'ai neuf ans d'abstinence continue dans les AA. Je viens de passer deux années sans fréquenter les réunions et je n'ai pas bu. Je savais, on le répète tellement souvent dans les AA, que bien des membres ont rechuté et ont souffert de façon extrêmement dangereuse en agissant de la sorte. J'écris simplement pour confirmer une fois de plus à ceux qui ne le savent peut-être pas encore, ou qui en doutent, ou qui, comme moi, se pensent assez forts pour faire face à la vie sans s'impliquer dans les AA, ce qui est écrit dans la littérature: un alcoolique ne peut pas survivre s'il ne transmet pas le message. Transmettre le message, ce n'est pas seulement dire des mots pour le nouveau, mais c'est démontrer un changement psychique complet, un demi tour total, une complète remise en question de la façon de penser de chacun d'entre nous. (Les Douze Étapes et les Douze Traditions, p. 146) J'ai connu le bas-fond à sec. Après deux ans sans fréquenter les AA, je suis redescendu aussi démuni qu'à mon arrivée à ma première réunion. Ça fait très mal, croyez-moi. La dernière chose qui m'est venue à l'idée dans le creux de cette vague, c'est de retourner chez les AA. La seule différence avec ceux qui rechutent, c'est un minimum de lucidité et de force nécessaires pour ne pas prendre le premier verre. J'aurais très bien pu retourner boire, mais rien ne m'a empêché de souffrir et d'oublier comment vivre de façon saine et utile sur cette planète, et tout d'abord avec mon entourage immédiat: ma famille. Ma compagne et moi en étions venus à l'épaisseur d'un demi-poil de la rupture. Les conséquences d'une telle séparation auraient été dommageables. La première phrase entendue à ma première réunion, après deux ans d'absence, fut dite par quelqu'un que je n'avais jamais vu de ma vie: «J'ai neuf mois d'abstinence, je suis très heureux (c'était très visible) et je m'implique dans les AA. » Et paf! dans le museau. Moi, j'avais neuf ans d'abstinence, j'étais malheureux (c'était très visible) et je ne m'impliquais plus dans les AA. Depuis mon retour, il y a presque trois mois, les morceaux du casse-tête qu'était devenue ma vie ont commencé à retrouver leur place. Ma compagne a, de son côté, commencé à fréquenter les Al-Anon. Elle fait ses efforts, et moi, les miens. De toute façon, il ne m'est pas permis de ne pas croire à cette fameuse lumière au bout du tunnel et j'en perçois déjà les rayons ... Claude, B.
Bonjour! Je suis un alcoolique de trente-neuf ans et j'ai reçu mon jeton de six mois d'abstinence hier. Mon parrain me l'a remis devant une quarantaine de personnes. J'avais un beau mélange d'émotions que je n'avais jamais ressenties, car je les avais noyées ou je les avais refoulées. Le mouvement des Alcooliques anonymes m'apprend à vivre aujourd'hui. J'étais fier de moi, heureux d'être là, mais en même temps reconnaissant. Je n'avais que des mercis à offrir, et en remerciant mes frères et sœurs alcooliques, c'est mon Être suprême que je remerciais. C'est ce même Être suprême qui était là lorsque j'ai eu mon accident de moto seul et saoul. C'est Lui qui était là lorsque j'ai assisté à mes premières réunions, et c'est Lui que j'ai trouvé dans ma quatrième Étape, parce que j'avais des idées suicidaires. Mon Être suprême s'est manifesté en passant par une membre qui, deux jours auparavant, avait pris son gâteau anniversaire d'un an d'abstinence et qui avait partagé son expérience. Merci au Mouvement et merci à mon Être suprême. Gaétan
Je suis né en Espagne. Mon père était espagnol, ma mère française. Je suis le cadet de cinq enfants. Mon père est devenu invalide quand j’avais cinq ans; nous n’étions pas riches. Quand j’avais 13 ans, nous nous sommes installés dans la région parisienne. C’est à ce moment là que j’ai tourné le dos au Dieu que j’avais connu dans les écoles catholiques, des écoles pour les riches qui allaient à la messe tous les jours et qui, plus tard, seraient plus riches encore et continueraient à aller à la messe tous les jours. Moi, je ne pouvais pas choisir mon sort : je me voyais définitivement destiné à travailler pour la survie de ma famille. Comment allais-je pouvoir fonder ma propre famille? Quelle femme m’épouserait? C’est ainsi que se sont développés en moi la haine, la jalousie, l’orgueil, la rage, l’égoïsme, le désir de vengeance et, surtout, une ambition personnelle sans limite. Bien sûr, j’étais incapable d’aimer car je ne m’aimais pas moi-même. J’ai donc, par nécessité, commencé à travailler à l’âge de quatorze ans comme garçon de course. Un an plus tard, j’étais dessinateur, à seize ans, technicien, à dix-neuf ans, chef de bureau d’études et, à vingt-trois ans, directeur adjoint d’une société d’installation de chauffage et de plomberie. J’ai donc passé une bonne partie de ma vie à travailler dans le bâtiment. J’ai acheté ma première maison à vingt-trois ans. J’ai connu ma femme un soir où j’étais allé à Paris pour m’amuser. Brésilienne, elle faisait un voyage d’études en Europe. Elle est restée six mois en France. Nous avons vécu ensemble; ensuite elle à fini sa tournée en une semaine; puis, elle est rentrée annoncer à sa famille qu’elle allait vivre définitivement en France. En octobre 1975, nous nous sommes mariés religieusement ah Brésil, et nous nous sommes revenus en France nous marier civilement. En 76, j’ai décidé de laisser tomber l'Europe. Je ne voyais pas à court terme la possibilité de réaliser mes ambitions. J'étais fier de moi et je n'oubliais pas ma visite au Brésil: j'avais pu échapper à mon destin en Espagne et j'avais réussi à faire quelque chose par mes propres moyens en France. Alors, pourquoi ne pas poursuivre mes ambitions grandioses en essayant à l'autre bout du monde, là où il y avait tout à faire? Pendant cinq ans, nous sommes restés au Brésil J'avais ouvert un magasin que j'ai vendu, parce que ça ne marchait pas comme je le voulais. Ensuite, j'ai travaillé à l'implantation d'une société française d'alimentation qui est maintenant numéro un dans le monde. En 80, n'arrivant pas à m'adapter au Brésil, je suis parti en mission en Argentine et au Paraguay. Et je buvais pas mal; déjà, à cette époque-là, ma femme voyait le progrès de la maladie. Je suis rentré en France en 82, en pensant que, cette fois, tout allait s'arranger. À la fin de l'année, ma femme et mes deux fils m'ont rejoint. Je travaillais dans un bureau d'études dont un de mes frères était un des patrons. Ça allait de plus en plus mal. En 84 sont apparues mes premières phobies; je sentais de près la mort, l'angoisse et le désespoir; la peur venait par surprise, chaque fois en doses plus fortes. Je n'y comprenais plus rien, je ne voyais pas d'issue. Nous sommes retournés au Brésil en 86. J'admettais que j'avais des problèmes, mais j'avais encore un peu de souffle. Il venait de se présenter une nouvelle chance; ce serait peut-être la dernière et il fallait que ça marche! En 86 et 87, nous avons vécu à Rio. J'ai demandé à être muté à Sao Paulo, car ma femme pouvait s'y trouver un emploi. Du côté des émotions, ça ne s'arrangeait pas. J'ai suivi un traitement de psychanalyse pendant huit mois, sans résultats. Je demandais à des collègues qu'ils viennent me chercher à la maison le matin pour m'emmener au travail, car il m'était de plus en plus difficile de conduire ma voiture. Mes patrons se sont aperçus que quelque chose ne tournait pas rond, et ils m'ont muté au service des ressources humaines. J'ai fini par quitter la société, car je me sentais poursuivi par tous. J'ai pris mon dernier verre d'alcool il y a cinq ans; depuis, je lis assez, et surtout la littérature des AA. Pour moi, la solution n'est pas simplement d'arrêter de boire, mais de maintenir ma sobriété et ma croissance spirituelle. J'ai eu, tout au début, un éveil spirituel très fort. Mes compagnons de groupe en rigolaient : ils m'appelaient le AA précoce. Je vis la plupart du temps des moments merveilleux, surtout durant mes partages: mon émotion est au-dessus de ma raison. Je n'arrive pas toujours à établir un ordre logique dans ce que je dis, mais il paraît que ça se passe toujours bien. Je travaille pas mal au centre d'aide téléphonique. Mes compagnons de mon groupe, près de chez moi, là où j'ai adhéré, ne sont pas toujours emballés par ce type de travail. Ils sont occupés pendant la journée. De plus, ce n'est pas leur genre de parler en public; ce sont des personnes très simples et je crois que c'est pour ça que je les adore. Mon parrain, qui fait partie du même groupe, est différent: si on le laissait faire, il n'y aurait que lui qui parlerait. L'année dernière, nous avons fait pas mal de présentations, lui et moi, dans des lycées, des usines, des universités. Souvent, on n'est pas d'accord, on se dispute calmement. Mais, comme nous tenons avant tout à suivre le programme des AA, tout de suite nous nous présentons des excuses! Vous devez rigoler, mais c'est vrai! Nous sommes deux partenaires formidables quand nous prononçons des causeries; nous en avons pris l'habitude et chacun de nous deux sait ce qu'il doit dire et à quel moment: nous sommes le gros et le maigre. Ce qui importe, c'est que nous nous aimons et nous nous respectons beaucoup. Entre autres choses, j'ai réussi à publier des articles sur les AA dans de grands journaux. J'ai participé à plusieurs émissions de radio, soit en direct soit enregistrées, comme c'était le cas hier, avec une sœur et un frère AA . Nous avons préparé 12 émissions, qui traitent chacune d'une Étape, et qui seront diffusées pendant 12 semaines, les lundis matins. Sur le plan professionnel, j'ai fait d'autres tentatives pour me lancer en affaires, mais ça n'a pas duré. Depuis deux ans, ma femme a eu plusieurs emplois. Nous n'avions jamais vécu dans cette insécurité, mais il faut que je traverse cette phase comme tout le monde. Il n'existe pas de hasard; en tout cas, nous, les AA, savons que les choses arrivent parce qu'elles doivent arriver; maintenant, c'est ainsi que je vois les choses. Je me sens comme si je venais de sauter d'un avion en parachute et que celui-ci ne s'était pas encore ouvert; parfois, j'ai l'impression que je manque d'air, mais je suis certain que le parachute s'ouvrira et que j'arriverai sain et sauf au bon endroit. Certainement, un jour, je me souviendrai de ce moment et je sourirai, comme je souris parfois en pensant aux quelques moments d'angoisse que j'ai vécus ces derniers mois. Je pense que le programme des AA fonctionne. Il suffit d'avoir un peu de bon sens et d'être honnête avec soi-même. Je fais un bilan et je constate que, 85% du temps, je vis des moments inoubliables, même si le reste du temps, le moral est un peu plus bas; et encore, c'est beaucoup mieux que lorsque je buvais! J'ai le pouvoir de prier, de méditer et d'agir. Où je peux attendre le moment où le passage d'un moustique au-dessus de ma tête, ou autre chose, fera tout changer en un dixième de seconde! Recevez, chers amis, mes salutations. Je vous souhaite à tous et à toutes beaucoup de sobriété et de sérénité. Xavier T., Sao Paulo, Brésil
(suite du texte paru dans le numéro précédent) Je dois dire que je n'ai jamais servi le mouvement des Alcooliques anonymes avec ambition, mais plutôt dans le seul but d'être utile aux alcooliques qui souffrent encore. Alors, me voilà à New York, à ma dernière Conférence et à mon dernier déjeuner avec les membres de la Conférence, et j'entends l'administrateur universel des États-Unis, dans son partage de fin de terme, raconter les merveilleuses expériences qu'il a vécues comme délégué mondial. Je crois qu'il a semé en moi le feu de servir encore un peu: il a été un attrait pour moi. l'ai terminé mon terme de délégué. Un an a passé, et les gens de la région dans laquelle j'ai servi m'ont demandé si je consentais à laisser mon nom en nomination comme administrateur universel du Canada et délégué mondial pour la Conférence des Services généraux des États-Unis et du Canada. Encore une fois, j'ai dit OUI. À ma grande surprise, mon nom est sorti du chapeau lors de cette Conférence de 1995. Il s'agit d'un terme de quatre ans que j'ai terminé en avril dernier. Dieu m'a permis de vivre des expériences que je n'oublierai jamais et de rencontrer des membres et des non-membres serviteurs, partout à travers le monde, que je n'oublierai jamais non plus. J'ai eu l'opportunité de siéger au Conseil des Services généraux, dans les comités d'administrateurs et au conseil des A.A.W.S. et de représenter notre Conférence dans différents pays comme délégué mondial. Après avoir servi pendant toutes ces années, je me sens privilégié et je remercie celui qui, un jour, m'a suggéré de dire OUI et de laisser Dieu se manifester par la conscience de nos membres. Les services m'ont appris à parler, à m'exprimer, à penser à l'ensemble du Mouvement et à ses membres, et non plus à ma petite personne seulement. Je dois vous parler de ma famille car, tout ce temps où j'étais occupé à servir, ma famille continuait a évoluer aussi. Mon épouse est infirmière et elle travaillait une fin de semaine sur deux. Par bonheur, à chaque fois que nous préparions le calendrier de nos réunions, régionales ou autres, la majorité de ces réunions avaient lieu lors d'une fin de semaine où mon épouse travaillait. Mon fils a joint le mouvement des Alcooliques anonymes depuis maintenant deux ans. Pendant que j'étais occupé à parcourir le monde, quelqu'un d'autre a fait une douzième Étape avec mon fils qui, incidemment, demeure aujourd'hui avec sa conjointe mexicaine dans la ville de Mexico. Ma fille, qui avait elle aussi des problèmes de consommation, a rencontré un Français à Tadoussac, et elle demeure aujourd'hui à Paris. J'ai un beau petit-fils du nom de Maxime qui aura bientôt trois ans. Il aurait été impossible pour moi de planifier tous ces heureux événements, mais je suis convaincu que si nous faisons confiance à notre Puissance supérieure, et que nous faisons ce que nous avons à faire, Dieu s'occupe merveilleusement de ceux qui nous entourent. Il l'a fait beaucoup mieux que je ne l'aurais fait si j'étais resté à la maison pour tout contrôler. Je pense qu'à certains moments, il faut être comme un enfant et faire confiance, arrêter de tout questionner et de vouloir tout analyser avec notre tête, nous occuper de ce que nous avons à faire, vingt-quatre heures à la fois, et laisser Dieu s'occuper du reste. Je suis en cheminement et je laisse Dieu me guider. C'est ça, je crois, qui m'apporte ce bien être intérieur que j'ai toujours recherché. Je dois vous remercier, vous, les membres du mouvement des Alcooliques anonymes, car c'est à votre contact que la transformation a commencé en me permettant de servir notre merveilleux Mouvement. Merci, et j'espère que vous aussi, vous aurez le privilège de SERVIR! Michel G.
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